Une rencontre improbable a surprondu le monde politique américain : Donald Trump, l’ancien président, a affiché un étonnant rapprochement avec Zohran Mamdani, le maire nouvellement élu de New York, malgré une campagne électorale virulente et des attaques personnelles acerbes.
Alors que certains observateurs prévoyaient un affrontement direct, voire une « confrontation avec le socialisme », selon un téléscripteur de Fox News, la réunion au Bureau ovale s’est déroulée dans une atmosphère étonnamment cordiale. Trump a même promis d’« aider » Mamdani, et non de lui nuire, après des échanges qu’il a décrits comme plus constructifs que prévu. « Nous sommes d’accord sur bien plus de points que je ne l’aurais pensé », a-t-il déclaré à la presse, affichant un sourire visible.
Cette volte-face a suscité la consternation au sein des cercles conservateurs. La députée républicaine Elise Stefanik avait qualifié Mamdani de « candidat antisémite, djihadiste et communiste » pendant la campagne. Trump lui-même l’avait décrit comme un « communiste à 100 % fou » et avait menacé de retirer les fonds fédéraux à New York. Interrogé à ce sujet, Trump a minimisé les propos de Stefanik, expliquant qu’elle était « en campagne et qu’on dit parfois des choses pendant une campagne ».
La réaction ne s’est pas limitée aux élus. Sur les réseaux sociaux, des figures de la droite américaine ont exprimé leur déception et leur indignation. Laura Loomer, une provocatrice de droite, s’est interrogée sur la normalisation du communisme, tandis qu’Inna Vernikov, membre du conseil municipal de New York, a regretté l’absence d’une confrontation plus directe.
L’incident le plus révélateur s’est produit lors d’un échange avec la presse. Lorsqu’un journaliste a demandé à Mamdani s’il maintenait sa description de Trump comme un fasciste, l’ancien président est intervenu pour désamorcer la tension, lançant avec un sourire : « C’est bon, vous pouvez simplement dire oui. C’est plus facile que d’expliquer. »
Malgré cette ambiance détendue, Mamdani n’a pas semblé modifier son opinion sur Trump. Dans une interview à NBC, il a réaffirmé que Trump était un « fasciste », tout en soulignant qu’il avait abordé avec le président les points de désaccord qui les opposaient. Il a toutefois noté qu’ils avaient trouvé un terrain d’entente sur des questions cruciales comme le coût du logement, de la garde d’enfants et des produits de première nécessité. « Cela a montré qu’il s’agit d’une opportunité à saisir dès maintenant pour que les gens puissent faire plus que simplement aspirer à lutter à New York, mais pouvoir y vivre », a-t-il déclaré.
La secrétaire de presse de Trump, Karoline Leavitt, a tenté de rassurer les républicains en expliquant que le président était simplement disposé à « rencontrer n’importe qui », sans pour autant flirter avec le communisme. « Nous savons, et le président et le peuple américain savent que, à l’échelle nationale, les politiques du président Trump fonctionnent et que le capitalisme fonctionne », a-t-elle affirmé.