Publié le 2 décembre 2025 à 23h32. Les tensions diplomatiques entre la Colombie et les États-Unis s’exacerbent après des déclarations incendiaires du président américain Donald Trump évoquant une possible intervention militaire sur le sol colombien, auxquelles le président colombien Gustavo Petro a répondu avec fermeté.
- Gustavo Petro a invité Donald Trump à visiter la Colombie pour constater les efforts déployés par son gouvernement dans la lutte contre le narcotrafic.
- Le président colombien a accusé Donald Trump de menacer la souveraineté de son pays et a averti qu’une telle action serait perçue comme une déclaration de guerre.
- L’administration Trump a pris une série de mesures hostiles à l’encontre de Gustavo Petro et de plusieurs membres de son gouvernement, notamment en les inscrivant sur la liste Clinton, ce qui équivaut à un blocus financier.
La crise diplomatique a pris de l’ampleur après que Donald Trump, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, ait laissé entendre qu’une intervention militaire en Colombie pourrait être envisagée si des laboratoires de fabrication de fentanyl ou de cocaïne étaient détectés sur le territoire colombien. Il avait déclaré : « Oui, s’ils entrent par un certain pays ou n’importe quel pays, ou si nous pensons qu’ils construisent des usines de fentanyl ou de cocaïne. »
La réponse de Gustavo Petro n’a pas tardé. Via son compte X (anciennement Twitter), il a lancé un défi direct à Donald Trump : « Venez, Monsieur Trump, en Colombie, je vous invite, à participer à la destruction des neuf laboratoires quotidiens que nous faisons pour que la cocaïne n’arrive pas aux États-Unis. » Il a ensuite ajouté, dans un message plus virulent : « Sans missiles j’ai détruit 18 400 laboratoires dans mon gouvernement, venez avec moi et je vous montrerai comment les détruire, un laboratoire toutes les 40 minutes, mais ne menacez pas notre souveraineté, car vous réveillerez le jaguar. Attaquer notre souveraineté, c’est déclarer la guerre, cela ne porte pas atteinte à deux siècles de relations diplomatiques. »
Le président colombien a également dénoncé les accusations portées à son encontre par Donald Trump, qui l’avait qualifié de « chef du trafic de drogue ». Petro a rétorqué : « Vous m’avez déjà calomnié, ne continuez pas là. Si un pays a contribué à arrêter des milliers de tonnes de cocaïne pour que les Nord-Américains n’en consomment pas, c’est bien la Colombie. »
Les relations entre Gustavo Petro et Donald Trump sont tendues depuis plusieurs mois. L’administration Trump a déjà pris plusieurs mesures punitives à l’encontre de la Colombie et de son président. Le Département d’État américain a notamment retiré le visa de Gustavo Petro, l’empêchant de voyager aux États-Unis. De plus, la Colombie a été décertifiée dans la lutte contre la drogue, Washington estimant que le gouvernement colombien n’avait pas atteint les objectifs fixés en matière d’éradication des cultures illicites de coca.
La décision la plus récente et la plus sévère a été l’inscription de Gustavo Petro, de sa femme Verónica Alcocer, de son fils Nicolás Petro et du ministre de l’Intérieur Armando Benedetti sur la liste Clinton, une mesure qui implique un gel des avoirs et des restrictions financières. Message original de Gustavo Petro sur X