Publié le 2025-12-19 09:40:00. Une découverte archéologique majeure en Papouasie-Nouvelle-Guinée repousse de plus de 5 000 ans les plus anciennes pratiques de momification connues à ce jour, remettant en question les conceptions établies sur l’histoire funéraire de l’humanité.
- Des momies datant de plus de 12 000 ans ont été découvertes en Asie du Sud-Est.
- Cette découverte surpasse en ancienneté les momies Chinchorro du Chili et celles d’Égypte.
- La technique de conservation utilisée est la déshydratation par la fumée.
L’archéologie mondiale est en ébullition. En septembre 2025, une équipe de l’Université nationale australienne a annoncé la découverte d’un ensemble de restes humains momifiés sur onze sites en Asie du Sud-Est. Ces corps, datés par les scientifiques à plus de 12 000 ans, constituent les plus anciennes momies jamais mises au jour, bouleversant notre compréhension des pratiques funéraires ancestrales.
Jusqu’à présent, les momies Chinchorro, retrouvées au Chili et datant d’environ 7 000 ans, étaient considérées comme les plus anciennes. Elles précédaient de loin les momies égyptiennes, âgées de 4 500 ans. La découverte papouasienne relègue désormais ces exemples historiques au second plan, ouvrant un nouveau chapitre dans l’étude de la mort et de la conservation des corps à travers le temps.
La méthode de conservation employée par ces populations anciennes est particulièrement intéressante : une déshydratation par la fumée. Cette technique, qui témoigne de l’ingéniosité humaine, s’ajoute à la diversité des pratiques funéraires observées à travers le monde et souligne la complexité des rituels entourant la mort depuis les premiers temps de l’humanité.
National Geographic a salué cette découverte comme l’avancée archéologique de l’année, soulignant sa capacité à décentrer la perspective historique. L’article publié par le magazine met en évidence l’importance de cette découverte pour repenser les origines de la momification.
Traditionnellement, l’étude de la momification s’est concentrée sur le bassin méditerranéen, et plus particulièrement sur l’Égypte, ainsi que sur les cultures andines d’Amérique du Sud. L’intérêt pour les momies égyptiennes, notamment, a longtemps dominé le champ de la recherche. La découverte en Papouasie-Nouvelle-Guinée oblige désormais les archéologues à réévaluer la chronologie universelle et à reconnaître que les pratiques de conservation funéraire ont des racines bien plus profondes et variées qu’on ne le pensait, s’étendant bien au-delà des vallées du Nil ou des cultures andines complexes.
L’impact de cette découverte ne se limite pas à une simple relocalisation géographique de l’origine de la momification. Elle a des conséquences profondes sur la connaissance scientifique, doublant l’âge connu des pratiques de momification et incitant la communauté scientifique à remettre en question et à reformuler les théories antérieures sur l’origine et l’évolution de ces techniques ancestrales.
Ce processus de remise en question et de réévaluation constante est au cœur de l’archéologie, une discipline dynamique qui progresse grâce à la révision continue de ses paradigmes. Les momies, depuis leur étude systématique au XIXe siècle, constituent un témoignage précieux du mode de vie de nos ancêtres, offrant des informations cruciales sur leur régime alimentaire, leurs maladies et leurs rituels funéraires.
L’année 2025 a été particulièrement riche en découvertes archéologiques, suscitant l’enthousiasme du public et des spécialistes. Parmi les finalistes pour le titre de découverte de l’année figuraient notamment le plus ancien et le plus grand monument maya jamais documenté, interprété comme une carte du cosmos datant d’il y a 3 000 ans, le sauvetage d’un immense navire médiéval découvert lors de travaux à Barcelone, ou encore une fresque révélatrice de Pompéi dévoilant un culte secret.
Si toutes ces découvertes sont indéniablement importantes, c’est l’ancienneté et les implications théoriques des momies d’Asie du Sud-Est qui ont finalement convaincu les experts. Elles offrent une perspective radicalement nouvelle sur la profonde histoire de l’humanité, obligeant à réécrire les premiers chapitres de cette fascinante aventure qu’est l’histoire.