Publié le 19 décembre 2025 à 05h49. L’Union européenne a revu sa stratégie de transition automobile, autorisant la vente de véhicules hybrides au-delà de 2035, une décision motivée par les difficultés financières rencontrées par les constructeurs et les doutes sur la capacité du marché à absorber une transition 100% électrique.
- L’UE permet la fabrication de voitures hybrides après 2035, assouplissant ses objectifs initiaux de zéro émission.
- Les constructeurs automobiles, confrontés à une baisse des ventes de véhicules électriques et à des contraintes financières, ont exercé des pressions pour ce revirement.
- Akio Toyoda, ancien PDG de Toyota, avait anticipé cette crise, soulignant les conséquences sociales et économiques d’une transition trop rapide.
Bruxelles a annoncé un assouplissement de sa politique environnementale concernant l’industrie automobile. Initialement, l’Union européenne avait fixé comme objectif l’interdiction de la vente de voitures neuves émettant des gaz d’échappement à partir de 2035. Cette échéance est désormais reportée pour les véhicules hybrides, permettant aux constructeurs de continuer à produire et à commercialiser ces modèles après cette date.
Cette décision intervient dans un contexte de ralentissement de la croissance des ventes de voitures électriques et de difficultés financières croissantes pour de nombreux constructeurs. Plusieurs marques ont déjà annoncé des réductions d’effectifs ou la fermeture d’usines, confrontées à l’impossibilité de respecter les quotas de CO2 tout en adaptant leur production à la demande du marché.
Akio Toyoda, qui a quitté son poste de PDG de Toyota en 2023, avait dès 2022 exprimé ses préoccupations quant à une transition trop rapide vers l’électrique. Il avait alors averti que cette approche pourrait engendrer une crise sociale majeure, avec des milliers d’emplois menacés, non seulement dans l’industrie automobile elle-même, mais aussi dans l’ensemble de sa chaîne de valeur.
« L’ennemi de la planète n’est pas le moteur à combustion interne mais le carburant dérivé du pétrole. C’est pourquoi nous n’abandonnerons pas les projets hybride et hydrogène, mais nous intégrerons l’électricité comme l’une des options afin que les utilisateurs puissent choisir. »
Akio Toyoda, ancien PDG de Toyota
Toyoda avait plaidé pour une approche plus pragmatique, privilégiant le développement de technologies hybrides et à hydrogène, tout en intégrant l’électrique comme une option parmi d’autres. Il estimait qu’une transition trop brutale risquait de pénaliser les consommateurs et de freiner l’innovation.
Récemment, Volkswagen a illustré ces difficultés en fermant son usine de voitures électriques de Dresde, en Allemagne, en raison d’une faible demande. C’est la première fois en 88 ans que le constructeur allemand ferme une usine sur son territoire national, un signal fort de la crise que traverse le secteur.
Gustavo Salinas, président de Toyota Argentine, a souligné que l’interdiction des moteurs à combustion était une erreur.
« Si vous voulez vendre des véhicules encore très chers à fabriquer et les gens ne peuvent pas les acheter, donc ils continuent à utiliser des véhicules anciens avec des moteurs très anciens dans leur technologie, ce qui se passe, c’est qu’ils finissent par générant davantage de pollution. Cette politique n’était manifestement pas pragmatique. C’était une théorie qui ne correspondait pas à la réalité. »
Gustavo Salinas, président de Toyota Argentine
Toyota a annoncé qu’elle présenterait en 2026 son premier modèle 100% électrique, le C-SUV Toyota bZ4x, ainsi qu’une version hybride rechargeable du Toyota RAV4. Le Toyota Yaris Croix bénéficiera également d’une version hybride équipée d’une batterie au lithium de 0,76 kWh.
En cohérence avec cette stratégie diversifiée, Toyota continue de miser sur l’efficacité de ses moteurs hybrides, estimant qu’une flotte de 50 véhicules hybrides équipés d’une petite batterie (1 kWh) peut réduire la consommation d’essence plus efficacement qu’un seul véhicule 100% électrique doté d’une batterie plus importante (50 kWh).