Publié le 15 janvier 2026 22:08:00. Quelques minutes d’exercice quotidien et une réduction du temps passé assis pourraient avoir un impact significatif sur la longévité, selon de nouvelles études publiées dans The Lancet. Ces recherches soulignent l’importance de petits changements de style de vie pour améliorer la santé et réduire le risque de mortalité.
- Même une augmentation de 5 minutes d’activité physique modérée par jour est associée à une diminution du risque de décès.
- Réduire le temps passé assis de seulement 30 minutes peut réduire la mortalité totale, en particulier pour ceux qui ont un mode de vie très sédentaire.
- Combiner une activité physique accrue avec une meilleure alimentation et un sommeil suffisant pourrait prolonger l’espérance de vie de plusieurs années.
Une activité physique même minime peut avoir des conséquences notables sur la survie. C’est la conclusion d’une étude récente parue dans la prestigieuse revue médicale The Lancet, qui démontre qu’ajouter seulement 5 minutes d’exercice d’intensité modérée à sa routine quotidienne (l’équivalent d’une marche rapide à environ 5 kilomètres/heure) est corrélée à une réduction du risque de mortalité.
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 135 000 adultes issus de plusieurs cohortes en Norvège, en Suède, aux États-Unis et du Royaume-Uni, avec un suivi moyen de huit ans. Ils ont utilisé des dispositifs de suivi pour mesurer précisément l’activité physique et le temps passé en position assise.
Au-delà de l’exercice, la sédentarité est identifiée comme un facteur de risque majeur. Diminuer le temps passé assis de 30 minutes par jour est associé à une diminution de 7 % de la mortalité totale chez les personnes qui passent environ 10 heures par jour sans bouger. Pour celles qui sont encore plus sédentaires, jusqu’à 12 heures par jour, cette réduction s’élève à environ 3 %.
L’étude révèle également que l’augmentation de l’activité physique modérée de 10 minutes par jour est liée à une diminution de 15 % de tous les décès chez la plupart des adultes, et de 9 % chez les moins actifs.
« Cette recherche consolide les preuves existantes grâce à un large échantillon de population, ce qui est particulièrement pertinent dans un contexte où les approches pharmacologiques reçoivent souvent plus d’attention que l’importance avérée d’un mode de vie sain »,
Luis Cereijo, chercheur en santé publique à l’Université d’Alcalá de Henares
Une autre étude, publiée dans eClinicalMedicine, également du groupe The Lancet, élargit la perspective en examinant simultanément le sommeil, l’exercice et l’alimentation. Elle conclut que des améliorations modestes et durables dans ces trois domaines sont associées à une espérance de vie plus longue, en particulier chez les personnes ayant des habitudes moins saines.
Selon les auteurs, ajouter 5 minutes de sommeil, 2 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse (comme marcher rapidement ou monter des escaliers) et une demi-portion supplémentaire de légumes par jour pourrait se traduire par une année de vie supplémentaire pour ceux qui ont les pires habitudes. Dans des scénarios optimaux, incluant 7 à 8 heures de sommeil, 40 minutes d’activité physique quotidienne et une alimentation équilibrée, le bénéfice potentiel dépasserait 9 années de vie en bonne santé.
Ces conclusions s’appuient sur le suivi de près de 60 000 participants de la UK Biobank pendant environ huit ans. Les chercheurs soulignent la nécessité de reproduire ce type d’étude dans des contextes moins favorisés, car les données proviennent principalement de pays à revenu élevé.
Ces travaux observationnels renforcent une tendance croissante dans la littérature scientifique : de très petits changements réalistes dans les habitudes quotidiennes peuvent générer des bénéfices significatifs en termes de réduction de la mortalité toutes causes confondues. D’autres études récentes confirment cette tendance. Une recherche publiée dans Nature Medicine a montré qu’une activité physique modérée pouvait retarder l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer jusqu’à 7 ans chez les personnes à risque. De plus, une équipe du Centre de neurosciences Cajal du CSIC a démontré qu’un exercice modéré améliore la santé du microbiote intestinal, avec des effets positifs sur les fonctions cognitives. Enfin, JAMA a publié des données indiquant que pratiquer une activité physique dès l’âge de 60 ans réduit le risque de décès ou de maladies cardiovasculaires de 30 à 40 %.
Ensemble, ces résultats confirment une conclusion de plus en plus étayée par des preuves scientifiques : réduire un mode de vie sédentaire, même modestement, et améliorer la qualité de l’alimentation et du sommeil a un impact positif sur la santé et la survie.
Agence EFE
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