Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Chasse au recrutement mondial : comment la Russie recherche des soldats en Afrique et en Asie – et où elle se termine

Publié le 2025-12-24 21:02:00. Une enquête est en cours au Kenya sur des réseaux de recrutement qui envoient des citoyens combattre en Ukraine, attirés par des promesses de salaires mirobolants qui se révèlent souvent mortelles. L'implication de plusieurs…

Chasse au recrutement mondial : comment la Russie recherche des soldats en Afrique et en Asie – et où elle se termine

Publié le 2025-12-24 21:02:00. Une enquête est en cours au Kenya sur des réseaux de recrutement qui envoient des citoyens combattre en Ukraine, attirés par des promesses de salaires mirobolants qui se révèlent souvent mortelles. L’implication de plusieurs pays africains dans le conflit est de plus en plus préoccupante.

  • Au moins 200 citoyens kenyans auraient été recrutés pour combattre en Ukraine ces derniers mois.
  • L’enquête kenyane porte sur un réseau criminel international organisé impliquant des agences de recrutement.
  • Des témoignages font état de promesses de salaires atteignant 250 000 dollars (environ 1 500 000 shillings kenyans) qui se soldent par la mort au front.

Les autorités kenyanes ont ouvert une enquête sur un réseau criminel international organisé qui exploite des agences de recrutement pour envoyer des citoyens kenyans combattre en Ukraine. L’affaire a été révélée suite au témoignage de familles endeuillées et aux investigations menées par des médias, notamment Bloomberg. Le ministère kenyan des Affaires étrangères a confirmé que plus de 200 de ses ressortissants ont été attirés en Russie ces derniers mois avec la promesse d’emplois bien rémunérés.

L’histoire de Martin Mburu, un chauffeur de minibus de 38 ans, illustre la tragédie. Parti de Nairobi le 21 octobre à bord d’un vol Air Arabia à destination de Moscou, il avait été assuré de percevoir un salaire de 250 000 dollars (environ 1 500 000 shillings kenyans), une somme considérable comparée au salaire moyen kenyan qui avoisine les 2 000 dollars par mois. Sa femme, Grace Gatoni, a perdu le contact avec lui le 19 novembre et a appris son décès au Donbass deux jours plus tard, à travers les médias kenyans.

« Cela a été un choc énorme. Il n’avait aucune expérience militaire et n’avait suivi que trois jours de formation. »

Grace Gatoni, épouse de Martin Mburu

Selon des sources ukrainiennes citées par Bloomberg, plus de 1 400 personnes originaires d’une trentaine de pays africains combattaient aux côtés de la Russie en novembre. L’implication de citoyens d’autres pays africains, comme l’Afrique du Sud et le Botswana, a également été mise en lumière, notamment celle de la fille de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma dans le recrutement de combattants.

Le procureur Kennedy Amvayi, impliqué dans l’enquête, a déclaré que la commission d’enquête criminelle du Kenya examine activement les cas de citoyens kenyans impliqués frauduleusement dans des opérations militaires en Ukraine. Il a précisé qu’une enquête est en cours sur un réseau criminel international organisé, impliquant des agences de recrutement et d’autres sociétés opérant au Kenya, en collaboration avec des individus en Russie.

En novembre, le président kenyan William Ruto a remercié le président ukrainien pour son aide à la libération de citoyens kenyans qui avaient été amenés à combattre aux côtés de la Russie.

Cette affaire intervient dans un contexte plus large de recrutement de combattants étrangers par la Russie. L’agence de presse ukrainienne UNIAN a rapporté que deux citoyens indiens, venus en Russie avec un visa étudiant, avaient été recrutés de force et tués au front après s’être vu promettre des emplois civils. Le quotidien britannique The Independent a révélé que 202 citoyens indiens auraient été enrôlés dans l’armée russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, dont au moins 26 ont perdu la vie et sept sont portés disparus.

Des dépliants promettant des primes allant jusqu’à 20 000 dollars et un salaire mensuel de 2 000 dollars ont également été distribués à Téhéran, en Iran, pour inciter les hommes à rejoindre l’armée russe. L’ambassade de Russie à Téhéran a démenti l’authenticité de ces dépliants, mais un homme contacté au numéro indiqué a affirmé qu’il s’agissait d’une campagne de recrutement « officielle » coordonnée avec les autorités iraniennes.

Prisonniers de guerre russes
Une image de la vidéo/Prisonniers de guerre russes
Soldats russes
Zumapress/Scanpix/Soldats russes
Conscrits russes
Zumapress/Scanpix/Conscrits russes
Soldats russes
Tass/soldats russes

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.