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CINÉMA, L’HISTOIRE DE L’ARCO DE LA DÉFENSE

by Antoine Girard

Publié le 31 décembre 2025 18:57:00. Le film « L’Étranger du Grand Arc », en salles demain, retrace les coulisses de la construction de l’emblématique Arche de la Défense et le parcours singulier de son architecte danois, Johan Otto von Spreckelsen, confronté aux réalités politiques et techniques d’un chantier d’envergure.

  • En 1982, François Mitterrand lance un concours international d’architecture pour un monument marquant l’axe Louvre-Arc de Triomphe.
  • Johan Otto von Spreckelsen, alors inconnu en France, remporte le concours avec un projet audacieux : un immense cube de béton et de verre.
  • Le film explore la tension entre la vision artistique de Spreckelsen et les contraintes imposées par le pouvoir politique et l’évolution du contexte économique des années 1980.

L’Arche de la Défense, inaugurée en 1989 pour le bicentenaire de la Révolution française, est bien plus qu’un simple monument. Elle est le symbole d’une ambition politique et architecturale, d’un moment d’optimisme et de rupture porté par le début du premier septennat de François Mitterrand. C’est cette histoire méconnue que le réalisateur Stéphane Demoustier a choisi de raconter dans « L’Étranger du Grand Arc », porté par les performances de Claes Bang dans le rôle de Spreckelsen et de Michel Fau incarnant le président Mitterrand.

Le film s’appuie sur le livre de Laurence Cossé, publié en 2016, qui a révélé la complexité du projet et le destin de son créateur. Stéphane Demoustier explique avoir été captivé par le mystère entourant Spreckelsen, un architecte dont le travail a été longtemps occulté. Il souhaitait rendre hommage à sa vision et explorer la dynamique entre l’artiste et le pouvoir.

« À l’origine de L’Étranger de la Grande Arche est le livre de Laurence Cosse consacré à la création de la Grande Arche de la Défense. Pendant plus de dix ans, j’ai vécu de la réalisation de films de commande pour le Pavillon de l’Arsenal et la Cité de l’architecture. C’était ma formation de cinéaste : je n’ai pas fait d’école, mais j’ai beaucoup appris en filmant des bâtiments, parfois des quartiers, et en interviewant des architectes. »

Stéphane Demoustier, réalisateur

Le tournage a été méticuleux, avec une attention particulière portée à la reconstitution des années 80, évitant le simple pastiche pour privilégier la précision des détails. L’équipe a même pu tourner à l’Élysée pour recréer l’atmosphère de la présidence Mitterrand, intégrant des éléments de modernité voulus par le président. Des effets spéciaux ont été utilisés pour donner vie aux archives photographiques et souligner l’ampleur du chantier.

Le film met en lumière la vision de Spreckelsen, qui s’inscrivait dans l’esprit du projet mitterrandien de « changer la vie ». L’Arche de la Défense était perçue comme un symbole de progrès et d’ouverture, mais elle a rapidement été confrontée aux réalités économiques et politiques des années 1980. Le tournant libéral a mis à l’épreuve la conception initiale du projet, et Spreckelsen a dû composer avec les contraintes budgétaires et les nouvelles priorités.

« Ce qui m’intéresse chez Spreckelsen, c’est qu’il se bat pour ses idées. J’admire la manière dont il défend ce qu’il considère comme essentiel. »

Stéphane Demoustier, réalisateur

Le réalisateur souligne également la relation particulière qui s’est nouée entre Spreckelsen et Mitterrand, une forme d’admiration mutuelle teintée de distance. Mitterrand avait choisi un architecte inconnu sur la base d’un simple dessin, lui accordant sa confiance pour mener à bien un projet ambitieux.

Pour incarner Spreckelsen, Stéphane Demoustier a choisi Claes Bang, saluant sa rigueur et son obsession du travail. L’acteur a appris le français pour le rôle, allant au-delà de la simple prononciation pour saisir les nuances de la langue. Le choix de Xavier Dolan pour incarner un haut fonctionnaire parisien, Swann Arlaud, a été motivé par son énergie et sa capacité à incarner un personnage à la fois provocateur et subtil. Sidse Babett Knudsen complète le casting dans le rôle de l’épouse de Spreckelsen, un personnage fictif conçu pour représenter le soutien silencieux des femmes derrière les grands architectes.

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