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Clés du référendum en Équateur dans lequel Noboa risque son capital politique

by Clara Dubois

Publié le 16 novembre 2025 à 08h20. L’Équateur se rend aux urnes ce dimanche pour un référendum constitutionnel initié par le président Daniel Noboa, dans un contexte de violence endémique et de crise politique profonde. Cette consultation vise à redéfinir les institutions du pays et à renforcer le pouvoir exécutif.

  • Plus de 13,6 millions d’Équatoriens sont appelés à voter sur quatre questions clés.
  • Le référendum propose notamment d’autoriser le retour de bases militaires étrangères et de réduire le nombre de parlementaires.
  • Cette initiative intervient après une consultation populaire en avril 2024, qui n’a pas permis d’améliorer significativement la situation sécuritaire.

L’Équateur est confronté à une spirale de violence sans précédent, avec un taux d’homicide d’environ une personne par heure. En janvier 2024, le gouvernement a déclaré l’état de conflit interne face à la montée en puissance des groupes criminels, devenant ainsi le deuxième pays d’Amérique latine, après la Colombie, à reconnaître une telle situation.

Daniel Noboa, élu sur la promesse de rétablir la sécurité, cherche à consolider son pouvoir par le biais de cette réforme constitutionnelle. Il estime que la Constitution actuelle est trop indulgente envers les criminels, notamment en matière de détention préventive et de protection des droits individuels. Il souhaite ainsi faciliter l’action des forces de l’ordre et renforcer la lutte contre le crime organisé.

« La stratégie de promouvoir ce type de consultations populaires a une histoire dans les gouvernements des 20 dernières années. Elle est utilisée comme un thermomètre des niveaux d’acceptation du gouvernement et aussi comme un moyen de se légitimer au pouvoir en intercalant les questions sans coût politique élevé avec celles qui sont véritablement stratégiques. »

Dolores Ordóñez, politologue équatorienne

Ce référendum n’est pas la première tentative de Noboa de modifier la loi fondamentale. Des réformes antérieures présentées à l’Assemblée nationale ont été annulées par la Cour constitutionnelle, qui s’est affirmée comme le principal contrepoids à son projet politique. Le président cherche donc à contourner cette opposition en recourant à une Assemblée constituante, qui lui permettrait d’adapter les lois à sa vision du pays.

Au-delà de la sécurité, cette réforme constitutionnelle revêt une dimension symbolique importante. La Constitution actuelle, adoptée en 2008 sous la présidence de Rafael Correa, est perçue par ses adversaires comme un héritage politique qu’ils souhaitent effacer. L’opposition, notamment le mouvement indigène, a promis de voter « non » aux quatre questions soumises au référendum, et a manifesté son rejet suite à la récente répression des protestations contre la hausse du prix du diesel, qui a fait plusieurs morts et des centaines de blessés. Manifestations récentes.

Le gouvernement Noboa justifie également cette réforme par la nécessité d’attirer les investissements étrangers et de relancer l’économie équatorienne. Il souhaite créer un nouveau cadre économique néolibéral, en supprimant certaines restrictions à l’investissement et en ouvrant le pays aux capitaux étrangers. Plus de 5,2 millions d’Équatoriens vivent avec moins de trois dollars par jour, selon les chiffres officiels.

Cette politique a suscité l’intérêt des États-Unis, qui cherchent à renforcer leur influence dans la région. La visite récente de Marco Rubio et Kristi Noem en Équateur Marco Rubio et Kristi Noem témoigne de l’intérêt de Washington pour l’établissement d’une nouvelle base militaire dans le Pacifique central. Donald Trump considère l’Équateur comme un allié potentiel dans sa lutte contre le trafic de drogue, en particulier après avoir critiqué les gouvernements de Colombie et du Venezuela. Opération contre le narcotrafic.

Outre la modification de l’organisation de l’État et l’ouverture aux investissements étrangers, le référendum porte également sur la réduction du nombre de membres de l’Assemblée nationale, qui passerait de 151 à 73, et sur la suppression du financement public des partis politiques. Les détracteurs de Noboa craignent que ces mesures ne visent à affaiblir les contrepoids institutionnels et à consolider son pouvoir. Si le « Oui » l’emporte, les Équatoriens devront retourner aux urnes pour élire les 80 membres de la nouvelle Assemblée constituante, qui disposera de 180 jours pour rédiger le nouveau texte constitutionnel.

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