Le troisième volet de la saga Hellraiser aurait pu prendre une tournure radicalement différente, s’inspirant de l’égyptologie et des mystères anciens. Clive Barker, créateur de l’univers Hellraiser, a vu son projet initial abandonné, laissant place à une suite plus conventionnelle, mais a également essuyé un refus pour son idée de revisiter La Momie.
À l’époque, Dimension Films cherchait à conserver les droits de la franchise Hellraiser à moindre coût. Plutôt que d’investir dans des scénarios originaux, les producteurs ont préféré intégrer la mythologie de Hellraiser à des scripts de films d’horreur existants, donnant naissance à des suites direct-to-video de qualité inégale. Si le premier film, sorti en 1987, reste une œuvre marquante, certains fans estiment que la série a décliné avec Hellraiser III : Hell on Earth (1992), accusé d’embrasser des codes du slasher.
Pourtant, Hellraiser III aurait pu explorer les origines des Cenobites d’une manière inédite. Barker envisageait un récit centré sur le premier Cenobite, un pharaon égyptien antique fasciné par les arcanes. Ses restes momifiés, exposés dans un musée américain aux côtés de trésors et d’artefacts, auraient ouvert un portail vers le monde des Cenobites lorsqu’ils sont alignés d’une certaine manière. Cette idée s’inspirait clairement du film La Momie (1932) d’Universal, qui raconte la résurrection accidentelle d’un prince égyptien.
Contrairement aux films précédents, ce Hellraiser III n’aurait pas eu recours à la Configuration Lamentable pour invoquer les Cenobites, mais à un rituel impliquant les trésors du pharaon. Une approche originale qui, selon beaucoup, aurait été plus intéressante que le film finalement réalisé.
Ironiquement, c’est Clive Barker lui-même qui a mis fin à ce projet. Peter Atkins, scénariste de Hellraiser III, a suggéré que l’élément égyptien était trop proche d’un autre projet inabouti de Barker : un remake de La Momie que Universal Pictures n’avait pas souhaité produire.
En 1989, Barker et Mick Garris avaient déjà proposé une version de La Momie à Hollywood, qui avait également été rejetée pour son ton jugé trop sombre et sexuel. Barker avait même imaginé un Mummy transgenre :
« Le petit garçon… qui naît au début du récit… est devenu cette femme exquise. Et une part importante d’un récit moderne sur La Momie. Mais c’était notre naïveté, Mick. Comment aurions-nous pu penser, en 1989, en soumettant ce projet, qu’ils répondraient : « Ah, formidable ! » ? »
L’approche de Barker pour La Momie, avec son exploration de la fluidité de genre, faisait écho à l’ambiguïté sexuelle du Hell Priest, personnage à l’origine de Pinhead dans le roman original The Hellbound Heart. Sous la direction de Barker, ces deux propriétés auraient pu se compléter, mais il n’en fut rien. Universal opta finalement pour le film La Momie de 1999 avec Brendan Fraser, un succès commercial apprécié du public.
Le refus de voir la vision de Barker prendre vie rend d’autant plus regrettable l’abandon de cette version égyptienne de Hellraiser III.