L’appui de Donald Trump et l’ascension d’Abelardo de la Espriella

L’appui de Donald Trump et l’ascension d’Abelardo de la Espriella
Le paysage politique colombien a été secoué par l’entrée en scène massive de l’ancien président américain. Selon La Presse, Donald Trump a exprimé un soutien « total et complet » à Abelardo de la Espriella, le candidat de la droite dure qui a surpris la nation en arrivant en tête du premier tour dimanche dernier. Sur son réseau Truth Social, le milliardaire républicain a décrit l’avocat et homme d’affaires de 47 ans comme un « dirigeant intelligent, fort et dur » capable de « stopper l’immigration illégale » et de « restaurer l’ordre ».
Surnommé « El Tigre », De la Espriella, qui possède également la nationalité américaine, a immédiatement réagi à cette alliance en promettant d’établir des relations avec les États-Unis « comme jamais auparavant ». Sa victoire au premier tour, avec 43 % des voix contre 41 % pour son rival Ivan Cepeda, marque un tournant majeur. Les sondages de la firme AtlasIntel, basés sur 2030 personnes interrogées, placent désormais le candidat de droite en tête pour le second tour avec 50,3 % des intentions de vote.
L’idéologie de De la Espriella s’inscrit dans une tendance de « main de fer » observée récemment en Amérique latine, rejoignant les figures de Nayib Bukele et Javier Milei. Il prône une politique de fermeté absolue, promettant la mort ou la prison pour les membres des organisations criminelles. En réponse, il a qualifié son adversaire, le sénateur de gauche Ivan Cepeda, de « marxiste d’extrême gauche ».
Interdiction judiciaire de l’usage du maillot national

Interdiction judiciaire de l’usage du maillot national
La campagne est également devenue un champ de bataille juridique concernant l’utilisation des symboles nationaux. Une juge de Bogota a rendu une ordonnance interdisant à M. de la Espriella d’utiliser le maillot de l’équipe nationale de football à des fins électorales. Comme le rapporte France 24, la décision exige qu’il cesse de l’utiliser
“mettre fin de manière immédiate et définitive” à l’usage du maillot “comme symbole identificateur de son parti politique, de sa campagne ou de son image personnelle sur la place publique ou dans tout autre média”. Une juge de Bogota, via France 24
Cette mesure fait suite aux accusations lancées par Ivan Cepeda, héritier politique du président sortant Gustavo Petro. Le candidat de gauche a accusé son rival de « voler » le maillot de la sélection nationale pour s’approprier un sentiment de patriotisme, faisant ainsi une comparaison avec les méthodes de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro. Malgré cette interdiction, de nombreux partisans de De la Espriella continuent de voir dans le port de ce maillot un acte de patriotisme, à l’approche du Mondial co-organisé par le Mexique, les États-Unis et le Canada.
Entre « paix totale » et « guerre totale »
Entre « paix totale » et « guerre totale »
Au-delà des symboles et des alliances internationales, l’élection place la Colombie face à un choix de société fondamental. Le duel du 21 juin cristallise deux visions opposées de la sécurité et de la gestion de la violence interne. D’un côté, Ivan Cepeda incarne la continuité de la politique de « paix totale » de Gustavo Petro. Acteur central des accords de paix de 2016 avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Cepeda mise sur la poursuite des négociations avec les groupes armés et une approche socioéconomique plus inclusive.
De l’autre côté, Abelardo de la Espriella propose une rupture radicale, une forme de « guerre totale » contre les guérillas idéologiques et les narcotrafiquants. Selon une analyse de L’actualité, le pays est divisé entre ces deux impératifs :
- Le camp de la négociation : environ 41 % des électeurs ont soutenu Cepeda pour maintenir le dialogue avec les groupes armés.
- Le camp de la fermeté : environ 44 % des Colombiens privilégient une ligne dure contre l’insécurité et une intervention minimale de l’État.
L’avenir de la Colombie face à un choix de société majeur

Ce dilemme souligne l’urgence pour les futurs dirigeants de passer de la rhétorique aux actes, alors que les enjeux de criminalité et de narcoterrorisme restent au cœur des préoccupations de la population. Le résultat du 21 juin déterminera si la Colombie choisit la voie de l’intégration et de la négociation ou celle de la répression systématique.
