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Comment éviter de se brûler avec les ETF de matières premières

by Amélie Bernard

Les investisseurs, qu’ils soient novices ou expérimentés, ont souvent sous-estimé les risques liés aux ETF (Exchange Traded Funds) sur matières premières et actions individuelles. Si les promesses de rendements élevés attirent, les pièges structurels et les frais cachés peuvent rapidement éroder le capital.

Ces dernières années, les ETF sur matières premières ont été une source de déception pour de nombreux investisseurs. Si certains ont subi des pertes dues à des prévisions erronées, notamment lors de la chute brutale des prix du pétrole en mars 2020 avec l’arrivée de la COVID-19, la majorité des revers sont liés à des choix d’investissement mal avisés et à des défauts inhérents à ces produits financiers.

Trois points méritent une attention particulière : les frais élevés, la complexité des formulaires K-1 et le phénomène de contango.

Frais élevés : un coût souvent sous-estimé

Même si un ETF sur matières premières n’est pas conçu pour être détenu sur le long terme, les frais de gestion s’appliquent et réduisent progressivement le rendement net. Ces frais, exprimés en pourcentage de la valeur liquidative, peuvent sembler minimes, mais ils s’accumulent. Il est crucial de comparer les offres, car certains produits affichent des coûts exorbitants. Par exemple, les ETF et facturent chacun 1,85 %, tandis que le FNB actif de stratégie de matières premières PIMCO (CMDT) atteint 1,16 %.

Des alternatives plus abordables existent, comme le (0,28 %) ou le (0,29 %). Pour une simple diversification de portefeuille, il est préférable d’éviter les options les plus coûteuses, réservées à une exposition commerciale à court terme.

Formulaires K-1 : une complication fiscale majeure

De nombreux fonds de matières premières sont structurés sous forme de partenariats, ce qui oblige les porteurs de parts à recevoir un formulaire K-1 en plus de leur déclaration d’impôts habituelle. Ces formulaires, souvent plus tardifs et plus complexes que les formulaires 1099, peuvent nécessiter une aide professionnelle pour être correctement remplis. De plus, ils peuvent imposer un revenu imposable même en l’absence de vente, ce qui peut surprendre les investisseurs.

Certains émetteurs d’ETF ont pris conscience de ce problème et proposent désormais des produits qui émettent des formulaires 1099-DIV plus simples. Il est conseillé de vérifier attentivement le prospectus ou la section fiscale pour identifier ces options. Le nom du fonds peut également indiquer clairement s’il émet un formulaire K-1.

Contango : le piège silencieux des matières premières

Le contango, une situation où les contrats à terme sont plus chers que les contrats à court terme, est un facteur de risque majeur pour les ETF sur matières premières. Lorsqu’un ETF doit renouveler ses contrats à terme, il est contraint de vendre à bas prix et d’acheter à un prix plus élevé, ce qui entraîne une perte de performance.

L’ETF USO, par exemple, affiche un rendement annualisé de -4,5 % depuis sa création, bien inférieur à l’évolution des prix au comptant du pétrole. Certains ETF tentent d’atténuer ce problème en utilisant des stratégies de renouvellement plus sophistiquées, comme l’échelonnement des contrats ou l’évitement des périodes défavorables. Le et le sont des exemples de fonds qui ont surperformé leurs concurrents grâce à ces stratégies.

Il est essentiel de lire attentivement le prospectus et de vérifier les contrats détenus par l’ETF pour évaluer son exposition au contango. Les noms tels que « rôle amélioré » ou « stratégie sur les matières premières » peuvent indiquer une approche plus prudente, mais ne garantissent pas une protection totale.

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