Publié le 12 octobre 2025 17:01:00. À seulement 17 ans, le jeune milieu offensif Harry Howell s’impose comme un espoir prometteur de Brighton en Angleterre, mais son équipement minimaliste soulève une question : la protection des joueurs est-elle en train de devenir secondaire face au confort et aux tendances ?
- Harry Howell, jeune prodige de Brighton, a marqué son premier but professionnel en Coupe de la Ligue.
- La tendance à réduire la taille des protège-tibias, voire à les remplacer par des alternatives plus confortables, se répand dans le football moderne.
- Les experts médicaux soulignent que, bien que le jeu soit moins brutal qu’avant, le risque de blessures demeure, notamment au niveau amateur.
Le nom d’Harry Howell commence à résonner dans le monde du football anglais. Le jeune milieu offensif, âgé de 17 ans, a ouvert son compteur buts le 23 septembre dernier lors du troisième tour de la Coupe de la Ligue, où Brighton a écrasé Barnsley sur le score de 6 à 0. Sa progression rapide a déjà attiré l’attention de son coéquipier expérimenté, James Milner, 39 ans, détenteur du record du nombre de saisons jouées en Premier League. Les réseaux sociaux de Brighton ont immortalisé ce moment de transmission, légendant une photo des deux joueurs par les mots « Le présent et le futur ».
Mais c’est un détail subtil sur cette image qui interpelle : l’écart saisissant dans l’équipement de protection des deux hommes. Si Milner arbore des protège-tibias traditionnels, Howell semble avoir opté pour une alternative plus high-tech, évoquant des étuis d’écouteurs Bluetooth. Cette image, bien que frappante, n’est pas un cas isolé. De nombreux joueurs, du superstitieux Jack Grealish à Thomas Müller, en passant par Paulo Dybala et Memphis Depay, ont popularisé le port de chaussettes baissées à mi-mollets, réduisant ainsi la surface couverte par les protège-tibias.
Même Laurent Blanc, surnommé « Le Président », avait adopté ce style particulier durant ses années à Montpellier et jusqu’à la fin des années 1990, et ce, malgré la réglementation qui rendait les protège-tibias obligatoires. Depuis, le football a évolué et la sévérité arbitrale face aux fautes dangereuses a considérablement augmenté. « Aujourd’hui, le moindre contact direct au-dessus de la cheville est sanctionné d’un carton rouge. Les tacles glissés qui provoquaient de graves blessures, comme ceux de Di Meco à l’époque à l’Olympique de Marseille, sont pratiquement inexistants », explique le chirurgien orthopédique marseillais Christophe Cermolacce.
« Le principe du protège-tibia, c’est d’arrêter les coups. Lorsqu’il a été introduit, le football était quand même beaucoup plus rugueux. »
Benoit Bouthin, médecin du sport, équipe féminine de Saint-Étienne
Les équipements modernes, autrefois longs et épais, avec parfois une protection intégrée pour la cheville, ont presque disparu au profit de fines lamelles, à peine plus grandes qu’une carte de crédit, maintenues uniquement par la chaussette. L’avantage principal ? Un confort accru pour la course, le contrôle du ballon et la frappe. « Les filles, elles mettent des trucs franchement… Il n’y a rien quoi. Mais je ne leur jette pas la pierre, parce que moi-même j’ai horreur de ça. Je m’entraîne sans protège-tibia et je joue avec des trucs qui sont juste faits pour être tolérés par les arbitres. Clairement, je préfère mon confort à ma protection », confie Benoit Bouthin, qui évolue également au niveau régional.
Christophe Cermolacce précise : « Les coups de crampons les plus douloureux sont ceux qui sont portés vers l’avant, au centre de la crête tibiale ». Il ajoute également qu’il existe une dimension marketing importante : « Comme c’est masqué par la chaussette, les joueurs peuvent porter ce qu’ils veulent. Chacun choisit sa marque pour obtenir un peu d’argent. C’est d’abord une question de mode. Et comme il n’y a pas eu d’augmentation significative des blessures graves, les clubs ont laissé faire. » Jusqu’à présent, aucune corrélation n’a été établie entre la réduction de la taille des protège-tibias et une hausse des blessures graves, même chez les amateurs.
Cependant, Benoit Bouthin met en garde : « Au niveau amateur, l’adversaire maîtrise moins ses gestes et donc on prend plus de coups qu’en professionnel. Même si les amateurs suivent la mode, il serait plus judicieux de conserver des protège-tibias plus volumineux ». Il conclut : « En tant que médecin, je suis obligé de conseiller à mes patients de se protéger. Mais en tant que footballeur amateur, j’ai du mal à leur imposer. C’est un choix personnel : s’il accepte le risque de se faire plus d’ecchymoses et d’entailles pour son confort en match, cela ne me choque pas en soi ». L’expérimenté James Milner, lui, a déjà fait son choix en faveur de la longévité. Il n’est plus qu’à dix matchs de détrôner le record du nombre de rencontres disputées dans l’élite du football anglais.
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