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Comment les conducteurs en Autriche seront affectés par la nouvelle taxe de transit touristique en Suisse

La Suisse envisage de pénaliser financièrement les automobilistes étrangers qui traversent le pays sans s'y arrêter, une mesure qui pourrait entraîner un report du trafic vers l'Autriche et aggraver la congestion sur ses routes alpines. Le Conseil des…

Comment les conducteurs en Autriche seront affectés par la nouvelle taxe de transit touristique en Suisse

La Suisse envisage de pénaliser financièrement les automobilistes étrangers qui traversent le pays sans s’y arrêter, une mesure qui pourrait entraîner un report du trafic vers l’Autriche et aggraver la congestion sur ses routes alpines.

Le Conseil des États suisse a donné son feu vert, fin septembre, à l’instauration d’une « taxe de transit touristique ». Cette redevance s’appliquerait aux véhicules qui entrent en Suisse depuis un pays voisin et en ressortent vers un autre, sans effectuer d’arrêt significatif sur le territoire helvétique. L’objectif affiché est de réduire le « trafic de transit », responsable de longues files d’attente, notamment sur le tunnel du Gotthard et les autres axes alpins.

Selon le député suisse Marco Chiesa, les populations locales sont « littéralement étouffées par la circulation » et les conducteurs de passage ne contribuent en rien à l’économie du pays. « La Suisse est utilisée comme un simple raccourci », a-t-il déclaré.

Le montant exact de cette taxe reste à déterminer. Il sera modulé en fonction de l’intensité du trafic, de l’heure et du jour de la semaine, avec des tarifs plus élevés les week-ends et pendant les périodes de pointe. Elle s’ajoutera à la vignette autoroutière annuelle, actuellement vendue au prix de 40 francs suisses (environ 43 €).

Pour les habitants de l’Autriche, en particulier ceux des régions du Tyrol et du Vorarlberg, la Suisse constitue une voie de passage essentielle pour se rendre en Italie ou en France. Actuellement, les automobilistes ont le choix entre l’itinéraire suisse du Gotthard et l’autoroute Brenner autrichienne. La mise en place de cette taxe pourrait inciter un plus grand nombre de conducteurs à privilégier l’Autriche, ce qui, selon les experts, risquerait d’accentuer les embouteillages sur les routes alpines autrichiennes déjà très fréquentées.

Les autorités tyroliennes se montrent prudentes, mais ont annoncé qu’elles procéderaient à une « évaluation détaillée » si le projet de loi suisse est adopté. Alexander Erath, spécialiste des questions de circulation, a estimé que cette taxe pourrait être compatible avec les traités de l’Union européenne, mais qu’elle pourrait néanmoins créer des tensions avec les pays voisins. Il a également souligné que le trafic de transit ne représente qu’une partie du problème, le trafic national suisse contribuant également de manière significative à la congestion.

La taxe s’appliquerait donc aux conducteurs qui traversent la Suisse sans effectuer un « arrêt essentiel », comme une nuitée ou une visite touristique. La définition précise de ce qu’est un arrêt substantiel reste à déterminer, ce qui laisse planer une incertitude quant à l’exonération possible des courtes pauses, comme un repas au restaurant ou un ravitaillement en carburant.

Ceux qui résident à la frontière et se rendent en Suisse pour de courts trajets ou des courses rapides seraient toutefois exemptés, car ils n’entreraient pas en Suisse depuis un pays et n’en ressortiraient pas vers un autre.

La mesure doit encore être approuvée par le Conseil national suisse en décembre. Le Conseil fédéral, le gouvernement suisse, a cependant exprimé des réserves quant aux coûts administratifs élevés et aux potentielles frictions avec l’UE. Si elle est adoptée, les recettes de cette taxe seront affectées au Fonds national des routes et de la circulation urbaine, afin de financer des améliorations des infrastructures de transport.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.