Publié le 16 janvier 2024 à 09h30. De plus en plus de femmes se plaignent d’une raideur à l’épaule, un phénomène dont les causes restent mystérieuses, mais qui pourrait être lié à des facteurs hormonaux ou métaboliques, selon les experts.
- L’épaule gelée, ou capsulite rétractile, se caractérise par une inflammation de la capsule articulaire, entraînant une limitation des mouvements.
- Contrairement à d’autres affections de l’épaule, elle n’est pas directement liée à des mouvements répétitifs et peut survenir sans raison apparente.
- La rééducation doit se faire en douceur, en respectant les signaux du corps et en évitant de forcer sur la douleur.
Une lectrice de 53 ans, confrontée à cette raideur, s’interroge sur la meilleure façon de s’en débarrasser et constate, avec d’autres femmes de son entourage, une recrudescence de ce problème. Ce constat n’est pas anodin, car l’épaule gelée touche plus fréquemment les femmes que les hommes.
Selon le physiothérapeute Michel Mertens, de l’Université d’Anvers, qui mène des recherches sur les douleurs à l’épaule, la capsulite rétractile débute par une inflammation de la capsule articulaire, une enveloppe qui maintient l’articulation. « Si une inflammation se développe dans cette capsule, elle provoque une inhibition : la capsule se contracte, entraînant des restrictions de mouvement au niveau de l’épaule. Ceci est particulièrement visible lorsque l’on essaie de bouger le bras vers l’extérieur et de le lever », explique-t-il.
Il est important de distinguer l’épaule gelée d’autres affections, comme la bursite. Contrairement à un tennis-elbow, par exemple, elle n’est pas causée par des mouvements répétitifs ou des postures spécifiques. Dans de nombreux cas, aucune cause évidente ne peut être identifiée. La bursite, bien qu’initialement douloureuse, se résorbe généralement en quelques jours ou semaines, alors que la raideur de l’épaule peut persister pendant un an, voire plus. Cinq pour cent des personnes touchées continuent de souffrir de douleurs importantes même après trois ans.
Les mécanismes précis de cette inflammation de la capsule articulaire restent un mystère. « Si nous les connaissions, nous aurions déjà résolu un très gros problème », confie le Dr. Mertens. Cependant, des études suggèrent une corrélation avec certains troubles métaboliques, tels que le diabète, les problèmes thyroïdiens, les maladies cardiovasculaires et la dépression. Ces conditions sont souvent associées à une inflammation chronique de faible intensité, qui pourrait jouer un rôle dans le développement de la capsulite rétractile.
Une autre piste explorée concerne les fluctuations hormonales. « Il se peut que d’autres femmes autour de notre lectrice souffrent également d’une raideur de l’épaule », souligne le physiothérapeute. « Les femmes ménopausées, en particulier, subissent des changements hormonaux qui pourraient les rendre plus vulnérables à ce type d’inflammation. »
Pour une récupération optimale, il est crucial d’écouter son corps. La rééducation se base sur trois niveaux de réactivité, qui reflètent la sensibilité des tissus. En cas de forte réactivité, les activités doivent être réalisées sans douleur. Une réactivité modérée implique que la douleur doit disparaître dans les six heures suivant l’activité, et enfin, en phase finale, dans les 24 heures.
« On pensait autrefois que la récupération se faisait principalement en phase finale de la rééducation, et qu’il fallait se reposer au maximum dans un premier temps. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui est préconisé », précise le Dr. Mertens.
Il met en garde contre les approches trop agressives. « Certains collègues préconisent des techniques manuelles forcées, mais cela n’est pas recommandé, surtout en cas de forte sensibilité, car cela peut restreindre les mouvements. » Il déconseille également un repos complet, car l’immobilité peut aggraver les restrictions de mouvement.
Son conseil : continuer à bouger autant que possible sans dépasser le seuil de douleur. « Continuez simplement à faire les activités quotidiennes : balancez ce bras en marchant et essayez toujours d’atteindre quelque chose en hauteur dans le placard. » Il recommande également de consulter un kinésithérapeute spécialisé dans la réadaptation de l’épaule, affilié à un réseau régional, pour bénéficier d’une expertise pointue. « Et si un kinésithérapeute vous encourage à bouger malgré une douleur intense, soyez prudent. »
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