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comment se protéger des produits végétaux bruts

by Sophie Martin

Publié le 29 octobre 2024 16:44:00. Face aux défis du changement climatique et à la réutilisation des eaux usées pour l’agriculture, les autorités sanitaires françaises mettent en garde contre les risques microbiologiques liés à la consommation de fruits et légumes crus, et rappellent l’importance de bonnes pratiques d’hygiène.

  • Une circulaire du ministère de la Santé invite à renforcer les messages sur le lavage des produits frais, suite à des cas de salmonellose liés à des tomates cerises siciliennes.
  • Les distributeurs sont appelés à distinguer clairement les produits de première et quatrième gamme, en insistant sur la nécessité d’un lavage minutieux pour tous.
  • Les autorités sanitaires soulignent la nécessité de revoir les évaluations des risques microbiologiques, autrefois considérés comme faibles pour certaines catégories de végétaux.

La question de la sécurité sanitaire des fruits et légumes consommés crus prend une nouvelle dimension avec les enjeux environnementaux actuels. Ugo Della Marta, directeur général de l’hygiène, de la sécurité alimentaire et de la nutrition au ministère de la Santé, explique :

«À l’heure du changement climatique, de la raréfaction de l’eau et de la réutilisation des eaux d’épuration à des fins agricoles, la question du risque microbiologique des produits végétaux consommés crus émerge et doit être abordée»

Ugo Della Marta, directeur général de l’hygiène, de la sécurité alimentaire et de la nutrition

Cette prise de conscience intervient après un rapport conjoint de l’ECDC (Centre européen de prévention et de lutte contre les maladies) et de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) établissant un lien entre des centaines de cas de salmonellose en Europe et des tomates cerises originaires de Sicile. Une circulaire du 30 octobre 2024 a été émise, demandant aux autorités sanitaires locales, aux services régionaux, aux associations agricoles et de consommateurs de diffuser des messages clairs sur les “bonnes pratiques de manipulation à domicile”, notamment un lavage soigneux des produits.

La grande distribution est également concernée. Il lui est demandé de séparer physiquement en rayon les produits de première gamme – ceux conditionnés tels quels, sans transformation ni lavage préalable – des produits de quatrième gamme, comme les salades en sachet déjà lavées. Dans ce dernier cas, un lavage supplémentaire est tout de même recommandé.

Selon M. Della Marta, une table ronde a été organisée avec les instituts zooprophylactiques, les laboratoires de référence et le ministère de l’Agriculture pour se concentrer sur la gestion des produits de première gamme. Il ajoute :

«Mais puisque nous parlons de sécurité, c’est une bonne idée d’inclure également la quatrième gamme»

Ugo Della Marta, directeur général de l’hygiène, de la sécurité alimentaire et de la nutrition

Cette vigilance accrue est justifiée par des précédents inquiétants. L’épidémie d’infection à Escherichia coli productrice de shigatoxine en 2011, liée à la consommation de germes de graines contaminés dans plusieurs pays de l’Union européenne, les cas de listériose provoqués par des soupes minestrone surgelées consommées sans cuisson, et les salmonelloses associées à des salades “haut de gamme” (roquette et épinards en feuilles) sont autant d’exemples de risques sanitaires liés à la consommation de végétaux crus. Les récentes suspicions concernant des tomates grappes siciliennes, en raison de cas de Salmonella stratchona, viennent confirmer cette tendance.

Les autorités sanitaires insistent sur le fait que les évaluations des risques microbiologiques doivent être revues. Autrefois considérées comme faibles pour certaines catégories de produits, elles doivent désormais tenir compte des nouvelles réalités liées au changement climatique et aux pratiques agricoles.

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