Publié le 11 novembre 2025 à 05h24. Un an et demi après une élection présidentielle contestée, le Venezuela reste plongé dans une crise de légitimité, tandis que la possibilité de nouvelles négociations entre l’opposition et le régime de Nicolás Maduro suscite des débats passionnés.
- L’opposition vénézuélienne dénonce un vol d’élection orchestré par le régime de Maduro lors du scrutin de juillet 2024.
- La répression politique s’intensifie, avec des accusations d’emprisonnement arbitraire et de restrictions aux libertés fondamentales.
- La question d’un éventuel dialogue avec Maduro divise, certains plaidant pour une approche pragmatique, d’autres insistant sur la nécessité d’une rupture totale.
La victoire revendiquée par Nicolás Maduro lors de l’élection présidentielle du 28 juillet 2024 est contestée par l’ensemble de l’opposition vénézuélienne, qui dénonce une fraude massive. Selon les détracteurs du régime, le Conseil Électoral National (CEN), dirigé par Elvis Amoroso, a manipulé les résultats et proclamé Maduro vainqueur sans présenter de preuves tangibles, en dépit des procès-verbaux contredisant cette affirmation. De nombreux observateurs étrangers et la majorité des électeurs ayant voté pour le changement ont été témoins de ces irrégularités.
Avant le scrutin, l’opposition avait déjà dénoncé un terrain de jeu inégalitaire. La candidate aux primaires, María Corina Machado, qui avait remporté une victoire écrasante avec 92% des voix, s’est vue interdire de se présenter. Le régime a également retardé la date des élections afin de limiter la campagne électorale, refusé d’inscrire de nouveaux électeurs sur les listes et empêché les Vénézuéliens de l’étranger – un nombre estimé à 4 millions – de participer au vote. De plus, le candidat de l’opposition, Edmundo González Urrutia, et María Corina Machado ont été confrontés à des obstacles logistiques et à des intimidations de leurs partisans.
Depuis l’élection contestée, la répression s’est intensifiée. Des milliers de personnes sont accusées de crimes inventés et emprisonnées, tandis que la liberté d’expression et de réunion est sévèrement restreinte. Le régime a démantelé les institutions électorales restantes, enterrant ainsi la souveraineté populaire. Selon les critiques, Maduro a transformé la politique en une guerre ouverte contre les Vénézuéliens, s’appuyant sur des figures controversées comme Padrino et d’autres accusés de corruption.
Dans ce contexte, l’idée de négocier à nouveau avec Maduro suscite de vives critiques. Le président colombien, Gustavo Petro, a récemment suggéré d’organiser de nouvelles élections, une proposition jugée déplacée par de nombreux observateurs. Ils s’interrogent sur les conditions de ce scrutin : quelle autorité électorale serait responsable de son organisation ? Quelles règles seraient appliquées ? Serait-il possible de garantir des élections libres et transparentes, avec des observateurs internationaux fiables et des garanties solides ?
L’analyste politique s’appuie sur la théorie de la tolérance de Karl Popper, soulignant que la démocratie ne doit pas tolérer ceux qui ne tolèrent pas ses principes fondamentaux. Il estime qu’il ne suffit pas de vaincre politiquement le fascisme, mais qu’il faut l’éradiquer du corps politique. L’histoire offre des exemples de régimes fascistes vaincus militairement, comme l’Italie en 1943, où Mussolini a été destitué par son propre parti pour éviter une invasion alliée. Aujourd’hui, le nazisme est interdit en Allemagne et le fascisme en Italie.
La situation au Venezuela est toutefois différente. Le parti communiste cubain, cherchant à maintenir son influence sur le pays, a pris le contrôle du régime Maduro. Cependant, des tensions internes existent au sein du clan au pouvoir, avec des figures comme Diosdado Cabello et Vladimir Padrino cherchant à protéger leurs propres intérêts. La présence de la marine américaine dans les eaux vénézuéliennes complique davantage la situation, mais la principale force de l’opposition réside dans sa victoire incontestable du 28 juillet.
Pour l’analyste, la seule voie possible est de forcer l’ouverture d’un dialogue avec le régime, en exigeant sa sortie du pouvoir, une transition démocratique, et une justice transitionnelle. Ceux qui renoncent aux pratiques fascistes pourront continuer à participer à la vie politique. La pression interne, alimentée par la confiance dans la victoire électorale, et le soutien international, notamment de l’Union européenne, sont essentiels pour obtenir des résultats. La menace d’une intervention militaire américaine peut également jouer un rôle dissuasif.
La situation économique du Venezuela est désastreuse, avec une hyperinflation galopante, un État incapable de répondre aux besoins de la population, et une industrie pétrolière en ruine. Malgré les chiffres fallacieux présentés par Maduro, le Fonds Monétaire International (FMI) et les analystes sérieux ne prévoient ni croissance ni contraction économique. Le régime, selon l’analyste, combine des éléments du fascisme classique avec un culte de la personnalité, une rhétorique de haine et une violence généralisée.
Pour redresser le pays, il est essentiel de mettre fin à l’anarchie et au désordre, et de lutter contre les organisations criminelles qui soutiennent le régime, telles que le TDA, l’ELN et le Hezbollah. Une coexistence pacifique, y compris avec un chavisme modéré, est possible, à condition d’établir un programme de redressement économique qui offre des opportunités à tous les Vénézuéliens. C’est à la population vénézuélienne de prendre son destin en main.
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