Publié le 27 octobre 2025 12:17:00. Lors d’une tournée en Asie du Sud-Est, Donald Trump a conclu plusieurs accords commerciaux et s’est engagé à renforcer la coopération sur les minéraux critiques, dans un contexte de tensions commerciales persistantes et de concurrence accrue pour l’accès à ces ressources stratégiques.
- Des accords commerciaux ont été signés avec le Vietnam, la Malaisie, le Cambodge et la Thaïlande, prévoyant des exemptions tarifaires et des engagements d’investissement.
- La coopération sur les minéraux critiques, notamment les terres rares, est au cœur de ces accords, Washington cherchant à réduire sa dépendance à la Chine.
- La Malaisie s’est engagée à commander 30 avions Boeing (avec une option pour 30 supplémentaires) et à réaliser des achats importants de composants technologiques américains.
La visite de Donald Trump en Asie du Sud-Est marque une tentative de relancer les relations économiques avec la région, tout en cherchant à contrer l’influence croissante de la Chine. Les accords conclus visent à diversifier les chaînes d’approvisionnement et à sécuriser l’accès aux minéraux essentiels à la transition énergétique et aux industries de haute technologie.
La Malaisie a obtenu des exemptions sur certains produits agricoles américains, tandis que Washington exigera un accès préférentiel pour ses produits industriels, automobiles et agricoles. Kuala Lumpur s’est également engagée à investir 70 milliards de dollars aux États-Unis au cours de la prochaine décennie et à augmenter ses achats d’hydrocarbures américains. La question des semi-conducteurs, où la Malaisie est un acteur majeur, reste cependant en suspens, Trump envisageant d’imposer des surtaxes sur les puces importées.
L’accord conclu avec le Cambodge suit une logique similaire, avec des droits de douane réciproques de 19 % maintenus, mais assortis d’exemptions. Phnom Penh s’engage également à faciliter les investissements dans l’exploration et l’extraction de minéraux critiques et de ressources énergétiques.
Au Vietnam, un compromis avait déjà été trouvé en juillet, ramenant les surtaxes américaines à 20 % (contre un risque initial de 46 %). Le nouvel accord-cadre maintient ce taux, tout en ouvrant la voie à des droits nuls sur certains produits dont la liste reste à définir. En contrepartie, Hanoï accordera un accès préférentiel aux exportations américaines et réduira ses barrières réglementaires. Vietnam Airlines a accepté de finaliser sa commande de 50 Boeing, pour une valeur estimée à 8 milliards de dollars. Un point de friction demeure toutefois : le traitement des biens « transbordés », c’est-à-dire des produits fabriqués ailleurs et acheminés via le Vietnam pour éviter les taxes américaines sur la Chine. L’absence de définition précise d’un seuil minimal de composants locaux constitue une source d’incertitude pour les industriels vietnamiens.
Enfin, un accord-cadre a été conclu avec la Thaïlande, qui doit être finalisé dans les prochaines semaines. Il prévoit également des exemptions tarifaires en échange de l’élimination des barrières douanières thaïlandaises pour la quasi-totalité des biens américains. Bangkok s’est engagée à commander 80 avions américains pour 18,8 milliards de dollars et à augmenter ses achats de produits agricoles et d’hydrocarbures américains.
Selon Lynn Kuok, experte de Brookings Institution, cette visite pourrait « contribuer à asseoir les relations avec les États-Unis sur une trajectoire plus positive, par exemple en dynamisant la coopération sur les minéraux critiques ». Cependant, elle souligne également que la région, également dépendante de Pékin, doit « préserver sa marge de manœuvre, son autonomie stratégique ». Michael Wan, économiste de MUFG, avertit que « les questions clés autour des tarifs sectoriels, notamment pour la pharmacie et l’électronique, continueront d’assombrir l’horizon des exportations asiatiques ».