Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a décrété le 15 septembre comme jour férié national, baptisé la Journée de Munhumutapa. Cette date coïncide avec l’anniversaire du chef de l’État et susocie une vive polémique au sein de la population, qui dénonce une mesure accordant la priorité au culte de la personnalité plutôt qu’à la résolution de la crise économique.
La décision a été officialisée par le biais d’un texte réglementaire publié au Journal officiel. Selon le texte émis en vertu de la loi sur les jours fériés et l’interdiction des activités commerciales, l’exécutif a acté la création de cette nouvelle commémoration annuelle.
Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe, a déclaré, conformément à l’article 2, paragraphe 2, de la loi sur les jours fériés et l’interdiction des activités commerciales [chapitre 10:21], qu’il publie l’avis suivant : cet avis peut être cité sous le nom d’avis de 2026 sur les jours fériés et l’interdiction des activités commerciales (déclaration d’un jour férié), et qu’il est déclaré par la présente que le 15 septembre de chaque année sera désormais un jour férié connu sous le nom de Journée de Munhumutapa, via iHarare.
Avec cette nouvelle inscription au calendrier, le pays compte désormais quinze jours fériés nationaux, s’ajoutant aux célébrations existantes telles que la Journée nationale de la jeunesse Robert Gabriel Mugabe et la période de Pâques. Pour l’administration, cette date est l’occasion de rendre hommage à l’héritage de l’ancien empire de Mutapa.
Réactions contrastées et critiques de la population face aux difficultés économiques
Certains utilisateurs en ligne ont exprimé leur soulagement à l’idée d’obtenir un jour de repos supplémentaire, tandis que d’autres s’interrogent sur la multiplication des jours fériés liés aux figures dirigeantes au pouvoir.

Du côté des opposants et de la société civile, le ton est nettement plus critique. De nombreux habitants estiment que cette mesure ignore l’effondrement des services de base et la situation financière précaire des travailleurs journaliers et des vendeurs informels, pour qui un jour chômé se traduit par une perte immédiate de revenus.

Un enseignant d’Harare a affirmé qu’ils n’avaient pas besoin d’un nouveau jour férié, mais de salaires permettant d’acheter de la nourriture, de médicaments dans les hôpitaux et de carburant abordable dans les réservoirs, et qu’ils devaient désormais rester chez eux pour célébrer alors que rien ne fonctionne, via ZimEye
Des critiques relayées par la presse locale soulignent qu’aucun budget ni programme de préservation du patrimoine n’a été présenté pour accompagner l’instauration de ce nouveau jour chômé, perçu par ses détracteurs comme une démarche axée sur la construction de la stature présidentielle au détriment des urgences sociales.
Un contexte politique marqué par des réformes institutionnelles et des tensions persistantes
Cette initiative intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par l’adoption récente d’une réforme constitutionnelle prolongeant le mandat présidentiel et reportant les prochaines échéances électorales à l’horizon 2030, ainsi que par des affaires judiciaires touchant l’entourage du chef de l’État. Les partis d’opposition estiment que le pouvoir utilise des symboles nationaux et des décrets commémoratifs pour détourner l’attention des difficultés structurelles du pays.
Un dirigeant de l’opposition a appelé à faire une pause d’un instant pour réfléchir aux aspects critiques de leur nation, soulignant qu’ils avaient assisté à un effondrement massif des moyens de subsistance, via ZimEye
Alors que la date du 15 septembre s’apprête à faire son entrée officielle dans le calendrier annuel de la république, le fossé se creuse entre la vision officielle d’une célébration mémorielle et le sentiment d’une partie de la population qui réclappe en priorité des réformes économiques concrètes.