Publié le 5 novembre 2025 à 05h00. L’approche de la COP30 au Brésil suscite des inquiétudes face à une possible déstabilisation des négociations climatiques par l’administration américaine, qui pourrait adopter une stratégie de “rétorsion diplomatique” et décourager d’autres pays à respecter leurs engagements.
- Les craintes grandissent quant à une ingérence de l’équipe Trump dans le sommet de l’ONU sur le climat.
- Washington ne prévoit pas d’envoyer de hauts responsables aux négociations sur les objectifs climatiques.
- Les diplomates s’attendent à des pressions sur les pays pour qu’ils abandonnent l’accord de Paris.
La perspective d’un second mandat de Donald Trump à la Maison Blanche plane sur les préparatifs de la COP30, qui débutera la semaine prochaine au Brésil. Des délégués s’inquiètent d’une possible “diplomatie rétributive” de la part de l’administration américaine, susceptible de perturber les discussions et de compromettre les objectifs de la conférence.
Selon des sources proches de la Maison Blanche, Donald Trump, qui s’était retiré de l’accord de Paris dès son premier mandat, n’a pas l’intention d’envoyer de hauts représentants aux négociations concernant les “objectifs climatiques vagues”. Cependant, des représentants américains resteront autorisés à participer aux discussions à Belém, ville située aux portes de la forêt amazonienne.
Un envoyé spécial pour le climat a exprimé son inquiétude face aux récentes démonstrations de “diplomatie rétributive” américaine lors d’autres rencontres internationales. Il craint que ces tactiques ne soient utilisées pour exercer des pressions sur d’autres pays afin qu’ils renoncent à l’accord de Paris, à l’occasion de son dixième anniversaire.
Les diplomates anticipent également des manœuvres de la part des alliés pétroliers des États-Unis, qui pourraient tenter de faire échouer les négociations en bloquant toute avancée significative sur la question cruciale du financement climatique pour les pays en développement.
« Il y a une certaine nervosité, les gens imaginent le pire… ceux qui ne soutiennent pas l’accord de Paris pourraient réellement, grâce à la puissance des réseaux sociaux, brouiller les messages et entraver la diffusion d’espoirs ou de progrès issus de la COP. »
Envoyé pour le climat
Jacob Werksman, négociateur en chef de l’Union européenne pour la COP, a souligné mardi la nécessité d’une COP “déterminée” dans le contexte géopolitique actuel pour atteindre les objectifs fixés. Il a dénoncé la diffusion d’un “contre-discours puissant” qui nie le changement climatique et remet en question l’abandon des combustibles fossiles, présenté comme un frein à l’innovation et à la prospérité.
Un responsable du gouvernement brésilien a indiqué que moins de 60 chefs d’État devraient participer à une réunion préliminaire des dirigeants dans les deux prochains jours, avant le début officiel de la conférence la semaine prochaine. Parmi les personnalités attendues figurent le Premier ministre britannique Keir Starmer, le prince William, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz. La Chine enverra le vice-Premier ministre Ding Xuexiang.

Les États-Unis, responsables d’un dixième des émissions mondiales annuelles, ont parfois joué un rôle constructif dans les négociations climatiques, notamment en facilitant des accords avec la Chine sur la réduction des émissions de méthane et le remplacement des combustibles fossiles par des énergies renouvelables.
À l’inverse, l’administration Trump a fait échouer un accord historique sur le climat pour le transport maritime le mois dernier, en raison de ce qui a été qualifié de “tactiques de harcèlement” et de menaces personnelles à l’encontre des négociateurs, bloquant ainsi l’instauration d’une taxe carbone.
Bill Gates, cofondateur de Microsoft, a récemment appelé l’ONU à opérer un “pivot stratégique majeur”, en passant d’une “vision apocalyptique” des objectifs climatiques à un financement accru des vaccins et à la réduction de la pauvreté. Donald Trump a justifié cette position sur Truth Social en affirmant : « Je (NOUS !) venons de gagner la guerre contre la supercherie du changement climatique. »
Dans ce contexte, la présidence brésilienne de la COP reste optimiste et estime que le sommet pourra démontrer l’engagement continu de certains pays développés en faveur de la diplomatie climatique mondiale, ainsi que le respect des engagements financiers et de la transition énergétique promis lors des précédentes conférences de l’ONU.
Túlio Andrade, responsable de la stratégie et de l’alignement pour la présidence de la COP30, a souligné que malgré un “contexte politique difficile”, la Chine et l’Inde ont fait preuve d’une “participation et d’un engagement de très haut niveau” lors des réunions préparatoires. Il estime que les actions américaines de ces derniers mois pourraient même inciter les négociateurs à redoubler d’efforts.
« L’une des principales leçons tirées de l’échec des négociations à l’OMI est que nous devons impliquer toutes les parties d’une manière qui démontre réellement les avantages de l’engagement climatique. »
Túlio Andrade, responsable de la stratégie et de l’alignement pour la présidence de la COP30
Capitale climatique

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