Home DivertissementCreusez profondément et vous constaterez que ce festival prospère en marge – The Irish Times

Creusez profondément et vous constaterez que ce festival prospère en marge – The Irish Times

by Antoine Girard

Publié le 28 octobre 2025 12h36. Malgré une programmation éclectique, le Festival de Jazz Guinness de Cork a su préserver son âme jazzistique, grâce à des scènes plus intimistes et à l’engagement de clubs locaux passionnés.

  • Le Festival de Jazz Guinness de Cork a offert un mélange de jazz traditionnel et de genres connexes, malgré une présence notable de soul, funk, hip-hop et afrobeat.
  • Des lieux comme le Triskel Arts Centre et le Cork Improvised Music Club (CIMC) ont mis en avant des performances jazz de haute qualité, souvent en dehors du programme principal.
  • Le festival a mis en lumière des artistes internationaux et irlandais talentueux, notamment Daniel Herskedal, Elina Duni et Rob Luft.

Le Festival de Jazz Guinness de Cork, événement phare de la scène musicale irlandaise, a une fois de plus attiré les amateurs de jazz du monde entier. Si l’édition de cette année a élargi son horizon musical, intégrant des influences soul, funk, hip-hop et afrobeat, l’essence du jazz est restée bien présente, notamment grâce à des initiatives locales et des lieux dédiés.

Selon l’écrivain canadien John Kelman, un véritable festival de jazz doit permettre une immersion totale dans l’univers du jazz tout au long de l’événement.

« Pouvez-vous assister à l’événement pendant toute sa durée, ignorer la programmation non-jazz et rester immergé dans un large éventail de jazz chaque jour, même face à des choix difficiles quant à ce que vous décidez de voir ? »

John Kelman, écrivain de jazz

Bien que le festival ait proposé une « zone sans jazz » à l’hôtel de ville de Cork, les passionnés ont pu trouver leur bonheur en explorant les différentes scènes et en se concentrant sur les concerts plus spécifiquement jazz.

Le Triskel Arts Centre s’est affirmé comme un pilier de l’événement, offrant un cadre prestigieux pour des concerts captivants. Le samedi après-midi, le tromboniste et tubiste norvégien Daniel Herskedal, accompagné de son trio, a livré une performance superbement évocatrice devant une salle comble. Herskedal, maniant avec aisance le tuba et la trompette basse, a démontré une maîtrise exceptionnelle de l’ambiance et de l’atmosphère musicale, transportant le public dans des paysages sonores variés, des étendues glaciales de l’Arctique aux sonorités chaleureuses du Moyen-Orient. Son répertoire, issu de son dernier album Movements of Air et de son catalogue Edition Records, a mis en valeur sa subtilité et sa capacité à créer une expérience musicale immersive.

La chanteuse albanaise Elina Duni et le guitariste anglais Rob Luft ont également marqué les esprits lors d’un concert en clôture de la série de concerts dominicaux célébrant le partenariat entre le Triskel et le label allemand ECM. Accompagnés par le bugliste suisse Matthieu Michel et la batteuse écossaise Corrie Dick, ils ont exploré un répertoire éclectique, allant des standards du jazz américain à des chansons d’amour arabes traditionnelles, en passant par des airs folkloriques albanais et des compositions originales. Luft, dont le jeu rappelle celui d’un jeune Pat Metheny, et Duni, dont la voix expressive et sans fioritures se distingue par sa richesse dans les graves et sa clarté dans les aigus, ont créé une alchimie musicale unique.

Le Cork Improvised Music Club (CIMC), bien que souvent absent des circuits officiels, a également contribué à l’effervescence jazzistique de la ville. Organisant des événements mensuels dans l’espace intimiste du disquaire indépendant Plugd, le CIMC, sous l’impulsion du batteur, saxophoniste et compositeur Dan Walsh, a programmé plusieurs concerts en duo au cours du week-end. L’un d’eux, mettant en scène le saxophoniste américain installé à Dublin, Steve Welsh, et le batteur irlandais Michael McCarthy, a donné lieu à des improvisations audacieuses et interactives, explorant une large palette de styles, du free jazz au post-bop, en passant par des paysages sonores ambiants et des textures complexes.

Le lendemain soir, le saxophoniste Cathal Roche et le contrebassiste Neil Ó Lochlainn ont offert un moment de calme et de contemplation au milieu de l’agitation du festival. Leur improvisation prolongée, caractérisée par de longues lignes d’alto et des fréquences de basse harmoniques, a progressivement évolué et s’est diffractée, évoquant des ondes radio lointaines ou les profondeurs mystérieuses de l’océan.

Le concert du Cork School of Music Jazz Big Band a été l’un des moments les plus joyeux du week-end. Ce groupe d’étudiants talentueux, dirigé avec enthousiasme par le pianiste, compositeur et arrangeur Cormac McCarthy, a interprété avec brio et énergie des standards exigeants de Basie, Strayhorn et Maria Schneider.

« Nous voulons encore plus de jazz à ce festival »

Cormac McCarthy, pianiste, compositeur et arrangeur

, a déclaré McCarthy à la fin du concert, sous les applaudissements d’un public multigénérationnel de 400 personnes. Une demande qui, à n’en pas douter, sera entendue.

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