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Critique du film Marty Supreme et résumé du film (2025)

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Avec « Marty Supreme », Josh Safdie livre une plongée nerveuse dans l’ambition démesurée d’un champion de ping-pong new-yorkais, un film visuellement saisissant et porté par une performance magnétique de Timothée Chalamet. Le nouveau…

Critique du film Marty Supreme et résumé du film (2025)

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Avec « Marty Supreme », Josh Safdie livre une plongée nerveuse dans l’ambition démesurée d’un champion de ping-pong new-yorkais, un film visuellement saisissant et porté par une performance magnétique de Timothée Chalamet.

  • Le nouveau film de Josh Safdie explore les thèmes de l’ambition, de la manipulation et de la quête de reconnaissance à travers le personnage de Marty Mauser.
  • Timothée Chalamet offre une interprétation remarquable, rappelant par moments Al Pacino dans ses jeunes années.
  • Le film se distingue par son montage dynamique, sa bande originale éclectique et son casting surprenant, incluant des personnalités comme Gwyneth Paltrow et Tyler, The Creator.

« Marty Supreme » déstabilise dès les premières images. Josh Safdie, le réalisateur, joue avec les codes temporels et esthétiques, proposant un film qui se déroule dans les années 1950 mais dont le langage cinématographique évoque les études de personnages angoissantes des années 1970, le tout sur fond de morceaux emblématiques des années 1980 de Public Image Ltd., Peter Gabriel et Tears for Fears. Ce décalage est intentionnel, une manière de plonger le spectateur dans l’état d’esprit d’un protagoniste qui ne semble jamais vraiment à sa place, un homme projeté hors du temps.

Safdie avait déjà exploré des thématiques similaires dans « Uncut Gems » (Pierres précieuses non taillées), un autre portrait intense d’un homme rongé par ses démons. Dans « Marty Supreme », il retrouve Timothée Chalamet, qui livre ici, selon les critiques, l’une des meilleures performances de sa carrière. Chalamet incarne Marty Mauser, un talentueux joueur de ping-pong qui peine à joindre les deux bouts en travaillant dans un magasin de chaussures à New York. Sa vie bascule lorsqu’il entame une liaison avec Rachel (Odessa A’zion), une femme mariée à un homme violent, Ira (Emory Cohen), mais visiblement attirée par le charme de Marty.

Après ce prologue, Marty se rend à un championnat de ping-pong, où il cherche à tout prix à vivre la vie dont il rêve, quitte à manipuler son entourage et à blâmer l’organisation de l’événement pour ses propres échecs. C’est là qu’il croise le chemin de Kay Stone (Gwyneth Paltrow), une ancienne star de cinéma dont la gloire est passée, mais qui conserve un certain magnétisme. Marty, fasciné par son aura, se lance dans une quête de séduction audacieuse, allant jusqu’à tenter de conclure des affaires avec son mari, Milton (Kevin O’Leary, connu pour son rôle dans l’émission « Shark Tank »), tout en entretenant une relation avec Kay.

Sa défaite au championnat et son humiliation au Japon, où il est surnommé « l’Américain vaincu », le ramènent à New York, criblé de dettes et contraint de reconstruire son ego et sa réputation. La nouvelle de la grossesse de Rachel vient compliquer encore davantage sa situation. Safdie peuple l’univers de Marty de figures inattendues et familières, choisies pour provoquer une réaction chez le spectateur. Le casting, audacieux, inclut des célébrités comme Sandra Bernhard, Fran Drescher, le cinéaste Abel Ferrara et le magnat new-yorkais John Catsimatidis. Tyler Okonma (Tyler, The Creator) impressionne dans un rôle secondaire, tandis que Penn Jillette est méconnaissable dans une apparition tardive.

Chalamet incarne à la perfection le personnage d’un homme persuadé que la confiance en soi est une monnaie d’échange. Il ne se contente pas de refuser un refus, il ne réfléchit jamais avant de parler, fermant souvent les portes que d’autres tentent de lui ouvrir par son arrogance. Sa performance rappelle celle d’Al Pacino dans les années 1970, un mélange fascinant d’attrait et d’agacement. Le décalage temporel mentionné précédemment donne l’impression que Marty est un requin des années 1980 coincé dans les années 1950. Si Jordan Belfort était né une génération plus tôt, il aurait peut-être été un champion de ping-pong dans les années 1970, et aujourd’hui, il se serait probablement lancé dans le Bitcoin.

Le film explore ainsi les origines de l’ambition américaine et de la culture de la bravade toxique. Marty refuse initialement de se soumettre aux contraintes du spectacle, mais finit par céder, allant jusqu’à jouer du ping-pong avec un phoque pour gagner sa vie. Il n’est qu’un prodige du ping-pong, mais il incarne également l’homme d’affaires américain agressif, obsédé par la domination mondiale.

Deux performances secondaires viennent équilibrer la prestation de Chalamet. Odessa A’zion ne se contente pas d’incarner la petite amie fidèle, elle donne à Rachel une force intérieure qui lui permet de voir à travers le jeu de Marty et de l’aider à révéler son potentiel. Gwyneth Paltrow évite les clichés de l’ancienne star déchue, offrant une interprétation subtile d’une femme en quête d’affection, que ce soit de son public ou de son amant. Une scène en particulier, où elle observe la réaction du public à son arrivée, témoigne de l’intelligence des choix réalisés par Safdie.

Enfin, « Marty Supreme » doit beaucoup à ses collaborateurs, Darius Khondji, le directeur de la photographie, et Daniel Lopatin, le compositeur. Khondji offre au film une esthétique visuelle nerveuse et haletante, tandis que la musique de Lopatin, ainsi que les morceaux choisis, deviennent un personnage à part entière.

Réduire « Marty Supreme » à un simple « Uncut Gems avec du ping-pong » serait une simplification excessive. Le film est une étude fascinante sur un homme qui refuse de se remettre en question.

« J’ai un but. Vous n’en avez pas. Et si vous pensez que c’est une sorte de bénédiction, ce n’est pas le cas. »

Marty Mauser, personnage principal

« Marty Supreme » est l’histoire d’un homme obsédé par la grandeur qu’il pense mériter, une histoire profondément ancrée dans la culture américaine.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.