Publié le 3 janvier 2026 à 02h04. Le Metropolitan Opera de New York a présenté une nouvelle production des Puritains de Bellini, portée par les voix exceptionnelles de Lisette Oropesa et Lawrence Brownlee, malgré une mise en scène parfois déroutante.
- Lisette Oropesa et Lawrence Brownlee brillent dans les rôles principaux de cette nouvelle production.
- La mise en scène de Charles Edwards, bien que visuellement inventive, occulte parfois la puissance vocale des interprètes.
- L’opéra, bien que reposant sur une intrigue simple, met en valeur le talent de Bellini pour la mélodie.
Vincenzo Bellini, compositeur italien du début du XIXe siècle, n’est peut-être pas considéré comme un rival direct de Rossini ou Verdi, mais son œuvre continue de captiver le public grâce à la beauté de ses mélodies, caractéristiques de la tradition du bel canto. Sa dernière œuvre, Les Puritains, créée en 1835, peu avant sa mort prématurée à l’âge de 33 ans, illustre parfaitement ses forces et ses faiblesses.
L’opéra, dont l’action se déroule pendant la guerre civile anglaise des années 1640, raconte l’histoire d’Elvira, interprétée par Lisette Oropesa, et d’Arturo, incarné par Lawrence Brownlee, deux amants issus de camps politiques opposés. Elvira est la fille d’un commandant puritain, Gualtiero (David Pittsinger), tandis qu’Arturo est un royaliste. Leur amour est compromis par l’arrivée inattendue d’Enrichetta (Eve Gigliotti), la veuve du roi Charles Ier, qui détourne Arturo de son engagement envers Elvira. Cette trahison plonge Elvira dans la folie.
La mise en scène de Charles Edwards, bien que visuellement ambitieuse, a suscité quelques critiques. Le décor, une impressionnante salle de réunion puritaine, est mis en valeur par un éclairage subtil (Tim Mitchell), créant des effets picturaux saisissants. Cependant, certaines interpolations de mise en scène semblent superflues et distraient parfois de la performance vocale. Par exemple, la représentation de la détérioration mentale d’Elvira, avec des mouvements et des blocages étranges (direction du mouvement : Tim Claydon), ne parvient pas toujours à convaincre. Une scène particulièrement contestée voit la jeune Elvira guider la main de l’Elvira adulte vers Arturo, ce qui, selon certains, affaiblit le point culminant émotionnel de l’opéra.
Heureusement, ces choix scéniques ne suffisent pas à éclipser le véritable atout de cette production : les interprétations vocales exceptionnelles. Christian Van Horn incarne avec sensibilité Giorgio, tandis qu’Artur Ruciński donne vie au désespoir de Riccardo. Mais ce sont Lisette Oropesa et Lawrence Brownlee qui captivent véritablement le public. Oropesa aborde les passages de colorature d’Elvira avec une aisance déconcertante, tout en rendant justice à la complexité émotionnelle du personnage. Brownlee, quant à lui, rivalise avec Oropesa en termes d’habileté et de présence scénique, atteignant avec brio les notes aiguës vertigineuses de l’acte 3. L’Orchestre du Metropolitan Opera, dirigé par Marco Armiliato, accompagne les chanteurs avec une précision et une sensibilité remarquables.
En définitive, malgré quelques réserves concernant la mise en scène, cette production des Puritains offre un véritable plaisir vocal et confirme le talent indéniable de Bellini pour la mélodie.

(© Ken Howard / Met Opera)

(© Ken Howard / Met Opera)

(© Ken Howard / Met Opera)
