Publié le 13 décembre 2025 à 18h41. Dan Perkins, l’esprit derrière la bande dessinée satirique « Ce monde moderne », revient sur ses débuts à Iowa City et les défis de la création artistique à l’ère numérique.
- L’artiste, connu sous le pseudonyme de Tom Tomorrow, a débuté sa carrière dans les années 1980 en manipulant des images sur photocopieuse.
- Son travail, primé à plusieurs reprises, s’inspire des magazines Life des années 1940 et 1950.
- Aujourd’hui, Perkins dépend largement des abonnements directs de ses lecteurs pour assurer la pérennité de son œuvre.
Dan Perkins, figure emblématique de la caricature politique américaine, a débuté son parcours artistique bien avant de devenir « Tom Tomorrow ». Son histoire, récemment retracée par Little Village, commence à Iowa City, où ses parents s’installent en 1966. C’est là, au milieu des années 1980, qu’il donne naissance à « Ce monde moderne », une bande dessinée satirique qui lui vaudra une reconnaissance nationale.
Perkins raconte avoir commencé à dessiner alors qu’il travaillait dans un centre de reproduction de documents. Mais sa passion pour le dessin animé était née bien avant, dès son arrivée à Iowa City avec ses parents. Après une brève période à l’Université de l’Iowa, il décide de tenter sa chance à New York, à l’âge de 19 ou 20 ans, avec seulement 500 $ en poche.
« J’ai fait un an à l’Université, et puis j’étais juste un jeune homme impatient qui voulait voir le monde. Mon ami projectionniste avait déménagé à New York avec quelques-uns de ses amis, et j’ai décidé que j’allais faire de même. J’ai donc déménagé là-bas à l’âge de 19 ou 20 ans avec peut-être 500 $ à mon actif, et j’ai occupé de nombreux emplois aléatoires, dont celui d’un concurrent éphémère de The Comics Journal nommé The Comics Times. J’ai fait du collage et je suis allé aux conférences de presse de Marvel, ce qui était génial, mais ensuite le magazine a fermé ses portes. »
Dan Perkins
C’est en explorant l’art du collage que Perkins trouve l’esthétique qui caractérisera « Ce monde moderne ». Il se passionne pour les vieilles publicités du milieu du siècle et, surtout, pour les images tirées des anciens numéros du magazine Life, qu’il déniche dans les brocantes. Il commence alors à découper, manipuler et reproduire ces images sur photocopieuse, jetant ainsi les bases visuelles de son œuvre.

Son premier dessin publié, selon Kembrew McLeod pour Little Village, est apparu dans la section des lettres du Des Moines Register en 1983. Depuis, Perkins a su s’adapter aux mutations du paysage médiatique.

« Et alors que le terrain changeait sous moi et que tout commençait à changer, j’ai juste dû m’adapter. Une grande partie de mes revenus provient désormais de ma propre newsletter d’abonnement que j’envoie, et c’est en grande partie ce qui m’aide à rester à flot. On pourrait dire que j’étais un homme d’affaires contre-intuitif, du moins pour un artiste. »
Dan Perkins
Malgré les défis économiques, Perkins reste attaché à ses racines. « J’ai toujours un lien tangible avec Iowa City, car il se déroule toujours dans Petit Village », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de son lien avec le journal alternatif de sa ville natale.