La chercheuse américaine danah boyd publie en France La Fabrique des données
, un ouvrage de 464 pages vendu 32 euros aux éditions C&F Editions. Le livre explore la production politique des données à travers une enquête de huit ans au sein du bureau du recensement américain, montrant les choix et négociations de pouvoir qui façonnent cet outil démocratique.
Le carburant premier de l’intelligence artificielle, à savoir les données, ne relève pas d’une simple collecte neutre.
Chaque morceau d’information subit des processus de nettoyage, de traitement et de mise en forme qui constituent autant de choix délibérés. Ces informations sont fabriquées et mitonnées
, pour reprendre les termes du sociologue des sciences et technologies Geoffrey Bowker.
danah boyd enquête au bureau du recensement américain
L’acte de fabriquer des données bascule rapidement sur le terrain politique, au sens sociologique. C’est ce que démontre danah boyd, qui tient à l’absence de capitales dans son nom, dans son nouveau livre.
L’ethnographe y mène une enquête approfondie sur les données fondamentales qui soutiennent la démocratie des États-Unis, en l’occurrence celles du recensement de la population.
Un mécanisme constitutionnel sous haute tension à la fin du mandat de Donald Trump
Prévu tous les dix ans par la Constitution américaine, ce recensement sert à déterminer le nombre de représentants que chaque État élit au Congrès.
Pendant huit ans, la chercheuse a suivi de l’intérieur le travail du bureau du recensement. En tant qu’observatrice n’étant ni subordonnée ni supérieure hiérarchique des agents, elle a recueilli une parole rare auprès de nombreux fonctionnaires de l’institution.
La fabrique de l’information face aux pressions politiques de l’exercice 2020
L’ouvrage se focalise sur l’exercice de 2020 et documente la production de données légitimes et de haute qualité dans un environnement soumis à rude épreuve, alors que s’achevait le premier mandat de Donald Trump.