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Le Botswana a autorisé l’abattage de vingt-trois éléphants afin de fournir de la viande aux

Le Botswana a autorisé l'abattage de vingt-trois éléphants afin de fournir de la viande aux communautés lors des célébrations marquant les soixante ans de son indépendance…

Le Botswana a autorisé l'abattage de vingt-trois éléphants afin de fournir de la viande aux

Le Botswana a autorisé l’abattage de vingt-trois éléphants afin de fournir de la viande aux communautés lors des célébrations marquant les soixante ans de son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne. Cette décision a relancé un vif débat international sur la gestion de la faune sauvage, opposant des responsables gouvernementaux défendant le développement rural à des défenseurs de l’environnement qui mettent en garde contre l’hostilité et les risques de braconnage.

Soixantième anniversaire et abattage de vingt-trois éléphants

À l’occasion du soixantième anniversaire de son indépendance, célébré le 30 septembre 2026, le gouvernement du Botswana a délivré des licences de chasse pour vingt-trois éléphants répartis dans huit districts du pays. Cette mesure vise à fournir de la viande pour les festifs repas des communautés rurales dans le cadre des festivités nationales de la fête de l’indépendance.

Le Botswana a autorisé l'abattage de vingt-trois éléphants afin de fournir de la viande aux
Photo : WION

Le pays abrite la plus grande population d’éléphants au monde, estimée à plus de 130 000 spécimens d’ici, ce qui place les populations locales en contact direct et permanent avec la faune sauvage. Les autorités défendent régulièrement ces abattages contrôlés comme une nécessité pour limiter les dégâts sur les cultures et les infrastructures. La gestion de cette immense population has fait l’objet de vives polémiques internationales ces dernières années, notamment lorsque le gouvernement avait brandi la menace d’envoyer des dizaines de milliers d’animaux en Europe pour répondre aux critiques venues de l’étranger. À ce sujet, l’ancien président Mokgweetsi Masisi avait lancé au journal allemand Bild : Il est très facile de s’asseoir à Berlin et d’avoir une opinion sur nos affaires au Botswana, ajoutant que la gestion des pachydermes n’était pas une blague, comme le rappellent Associated Press et la BBC.

Tensions politiques et opposition de l’ancien président Ian Khama

L’annonce a provoqué une vive confrontation politique entre le pouvoir central et l’ancien président Ian Khama, qui exerce aujourd’hui des fonctions de chef traditionnel régional en tant que Kgosi de la tribu Bangwato.

Botswana : polémique après l’abattage de 23 éléphants pour la fête nationale

La réplique du ministère de l’Environnement et du Tourisme n’a pas tardé. Le ministre Wynter Mmolotsi a dépêché un courrier officiel pour signifier que l’ancien chef de l’État ne disposait d’aucune prérogative pour modifier ou annuler une décision souveraine de l’État. Mmolotsi a souligné que l’utilisation durable des ressources fauniques repose sur la Constitution et vise à faire bénéficier les citoyens des richesses naturelles du pays, tout en rappelant que les animaux ciblés sont des animaux dits à problèmes qui détruisent les installations agricoles et menacent la sécurité des habitants.

Les arguments des défenseurs de l’environnement et les conditions de distribution

Du côté des organisations de protection de la faune, l’opposition est totale. L’Elephant Protection Society a qualifié la mesure de particulièrement imprudente, avertissant qu’elle risquait de rendre les troupeaux plus agressifs à l’encontre des riverains et de nuire aux efforts de lutte contre le braconnage. L’organisation rappelle que quand un éléphant est abattu, le reste du groupe devient plus défensif, ce qui accentue les risques pour les populations rurales.

Le Botswana a autorisé l'abattage de vingt-trois éléphants afin de fournir de la viande aux
Photo : Theclimatewatch

Des critiques ont également émergé concernant la logistique et l’hygiène de la distribution de la viande. Dans le district de Chobe, le député local Simasiku Mapulanga a publiquement soulevé des inquiétudes sanitaires après la diffusion d’images montrant des habitants rassemblés autour de carcasses à même le sol dans une école. Il a suggéré de conditionner les portions en paquets plus propres de cinq ou dix kilogrammes pour garantir l’équité de la distribution auprès des personnes âgées, des femmes enceintes et des personnes handicapées.

La défense gouvernementale de l’utilisation durable des ressources

Malgré les réprobations des associations de défense des animaux, les autorités persistent dans leur stratégie de régulation. Le directeur adjoint du département de la faune et des parcs nationaux, Dimakatso Ntshebe, a soutenu que la conservation ne pouvait être dissociée des besoins économiques et sociaux des populations locales :

Le Botswana a autorisé l'abattage de vingt-trois éléphants afin de fournir de la viande aux
Photo : WRAL

La conservation de la faune sauvage doit apporter des avantages tangibles aux communautés qui vivent aux côtés de la vie sauvage et qui contribuent à sa protection.

Dimakatso Ntshebe, directeur adjoint du département de la faune et des parcs nationaux

Le gouvernement du président Duma Boko maintient ainsi la ligne tracée par son prédécesseur en matière de réautorisation de la chasse contrôlée, rétablie en 2019 après une interdiction de cinq ans décrétée sous l’administration de Ian Khama.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.