L’artiste, historien de l’art et enseignant David Heathcote s’est éteint à l’âge de 94 ans, laissant derrière lui un héritage artistique riche et une contribution significative à la préservation de l’artisanat haoussa. Son travail, profondément marqué par son séjour en Afrique, a été exposé à Londres, Paris et au Nigeria.
David Heathcote est né à Londres, en 1929, de Fred et Mabel (née Deacon). Son enfance fut atypique : la famille résidait dans l’appartement de l’artiste Walter Spindler, dont son père était le secrétaire et l’aide-soignant. Après un déménagement dans le Kent, il fréquenta la grammar school de Faversham. Durant la Seconde Guerre mondiale, il assista, avec son frère aîné Graham, aux combats de la bataille d’Angleterre qui se déroulaient au-dessus de leur tête.
Après la guerre, il étudia à la Canterbury College of Art, utilisant une vieille remise à poules dans le jardin familial comme atelier. En 1951, il effectua son service militaire en tant que pilote dans la Royal Air Force (RAF) avant de rejoindre la Slade School of Fine Art. Cette période fut particulièrement influente, l’école étant alors dirigée par le peintre réaliste William Coldstream et comptant parmi ses professeurs Lucian Freud et des camarades de classe tels que Paula Rego et Frank Auerbach. Il suivit également les cours d’histoire de l’art d’Ernst Gombrich. La découverte d’une œuvre de Picasso à la Tate Gallery fut une révélation, l’incitant à adopter un style cubiste dans sa propre peinture.
Après avoir obtenu son diplôme d’enseignement, David Heathcote enseigna brièvement dans l’est de Londres avant de s’installer en Rhodésie du Sud (aujourd’hui Zimbabwe) en 1959 pour enseigner dans une école publique. Il épousa Ursula Dittman en 1961 et ils eurent deux filles, Marina et Larissa, surnommée Heidi. Le couple divorça et, en 1967, David rencontra Janet Low. Ils se marièrent à Bulawayo en 1968 et déménagèrent au Nigeria, où Janet enseignait également à l’université Ahmadu Bello de Zaria.
C’est à Zaria que David Heathcote entreprit un travail de terrain essentiel. Il commença à interviewer des artisans haoussa et à documenter leur travail, conscient de la fragilité de ces savoir-faire traditionnels. Dans les années 1960 et 1970, il constitua une collection importante, comprenant des vêtements et des robes brodées (sur lesquelles il rédigea sa thèse de doctorat), ainsi que des objets en cuir et d’autres artisanats. Il comprit que ces compétences et techniques étaient en voie de disparition.
Cette collection, forte d’environ 400 objets, fut en grande partie acquise par le British Museum et fait aujourd’hui l’objet de nombreuses études. Des œuvres furent présentées dans l’exposition The Art of the Hausa au Commonwealth Institute de Londres en 1976, puis dans The Art of African Textiles au Barbican en 1995. Ses écrits sur l’artisanat furent largement publiés et, en 1978, il réalisa un court documentaire sur l’art haoussa.
De retour en Angleterre en 1979, la famille s’installa à Canterbury, où David devint maître de conférences en arts et design à la Canterbury Christ Church College (aujourd’hui Canterbury Christ Church University). Il était réputé pour son ouverture d’esprit, sa générosité, sa curiosité intellectuelle et artistique, et son dévouement à ses élèves.
À sa retraite en 1996, il se consacra principalement à la peinture. Son art, joyeux, vibrant, vaguement expressionniste, parfois abstrait et souvent onirique, témoigne de l’influence de son expérience africaine. Il dessinait, esquissait ou peignait chaque jour de sa vie, jusqu’à ses dernières semaines.
David Heathcote laisse dans le deuil sa femme, Janet, et ses trois filles, Marina, Larissa et Vanessa.
L’université Canterbury Christ Church conserve trois de ses sculptures, tandis que la Slade School of Fine Art détient certaines de ses premières œuvres.
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