Publié le 15 octobre 2025 à 11h53. Après 42 ans passés au service du YMCA, dont 18 à la tête de l’organisation du Grand Saint-Pétersbourg, David Jezek passe le relais, laissant derrière lui un héritage de collaboration communautaire et d’investissement dans la jeunesse.
- Le YMCA du Grand Saint-Pétersbourg dessert désormais des milliers de personnes grâce à trois antennes traditionnelles, 25 programmes scolaires et trois centres de petite enfance.
- Le Speer YMCA, un campus de 19 acres (environ 7,7 hectares) partagé avec une école intermédiaire, est devenu un modèle de partenariat public-privé.
- David Jezek souligne l’importance de l’intendance et de l’impact positif sur les individus, plutôt que sur les infrastructures.
C’est en tenant une serpillière, enfant, pour aider son père, directeur du YMCA local, que David Jezek a découvert sa vocation. Une simple faveur, récompensée par un Coca-Cola, a marqué le début d’une carrière dédiée au service communautaire. « J’étais assez grand pour pousser cette grosse serpillière sur le terrain », se souvient-il. « Et j’aurais un Coca gratuit pour ça. »
Cette anecdote, à la fois humble et révélatrice, symbolise une vie consacrée à l’intendance et à l’engagement envers les autres. Après 42 années au sein du YMCA, dont 18 passées en tant que président-directeur général du YMCA du Grand Saint-Pétersbourg, David Jezek prend sa retraite.
« Ce fut un parcours remarquable », a-t-il déclaré.
« Si l’on avait dû scénariser leur dernier arrêt, je n’aurais pas pu mieux l’écrire. »
David Jezek
Lorsque David Jezek est arrivé à Saint-Pétersbourg, l’organisation disposait d’un budget de fonctionnement de 7 millions de dollars et d’une seule antenne. Aujourd’hui, le YMCA dessert des milliers de personnes à travers plusieurs sites : trois succursales traditionnelles, 25 sites dans des écoles publiques proposant des programmes périscolaires et trois centres préscolaires, avec l’ouverture prochaine d’un quatrième.
« Je suis fier de notre stratégie visant à atteindre les enfants le plus tôt possible », explique-t-il. « Nous savons que nous pouvons avoir un impact plus important durant ces premières années cruciales. »
L’une des réalisations dont il est le plus fier est le YMCA de Speer, un campus de 19 acres partagé avec la Mangrove Bay Middle School. Ce projet, financé par un partenariat entre le YMCA, le district scolaire et des donateurs privés, est devenu un modèle de collaboration réussie.
« C’est un bel exemple de la manière dont un partenariat public-privé peut se concrétiser pour servir une communauté », souligne David Jezek. « Nous n’aurions jamais imaginé atteindre les 16 000 membres sur un seul site. »
L’impact de ce projet dépasse les simples chiffres. Le partenariat a revitalisé un quartier autrefois négligé. « Les familles bénéficient désormais de cet atout », affirme-t-il. « Cela a insufflé une nouvelle énergie dans le secteur. »
Depuis le début de sa carrière, David Jezek a toujours cru que la véritable valeur du YMCA résidait dans les personnes, et non dans les bâtiments. « On ne peut pas emporter les bâtiments avec soi », explique-t-il. « Ce sont les gens, l’impact qu’ils ont eu sur moi et l’opportunité que j’ai eue d’influencer positivement la vie des autres qui comptent. »
Il a occupé presque tous les postes au sein du YMCA, débutant comme sauveteur, puis instructeur d’aérobic, directeur sportif et cadre. « Quand je passe devant la réception, je sais que j’y ai travaillé », dit-il. « Et quand je vois un sauveteur, je me souviens que c’était mon premier emploi rémunéré. »
Cette expérience diversifiée a guidé ses décisions tout au long des années d’expansion, des défis rencontrés et de la pandémie. Elle a également façonné son approche de la succession à la direction. Il se réjouit de l’arrivée de Nicci Buchet en tant que nouvelle PDG. « Je lui ai dit que je serais son plus grand fan. »
La philosophie de leadership de David Jezek repose sur quatre valeurs fondamentales affichées dans tous les YMCA : bienveillance, honnêteté, respect et responsabilité. « Lorsque l’on rassemble des personnes d’horizons différents, il est essentiel de les respecter », explique-t-il. « Sinon, cela ne fonctionne pas. »
Ces valeurs se traduisent également dans les programmes de santé et de bien-être proposés par le YMCA, qui vont bien au-delà des activités sportives. Sous la direction de David Jezek, l’organisation a lancé des initiatives telles que Livestrong au Y pour les survivants du cancer et des cours de soutien pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.
« Je considère le YMCA comme l’un des rares endroits qui rassemble les gens dans un but commun, sous un même toit », affirme-t-il. « On y ressent véritablement l’esprit communautaire dès que l’on franchit la porte. »
À 65 ans, David Jezek ne compte pas ralentir après sa retraite. « Le meilleur conseil que l’on m’ait donné est de ne pas prendre sa retraite de quelque chose, mais de se retirer dans quelque chose », explique-t-il. Il prévoit de passer plus de temps avec ses cinq petits-enfants et de suivre une formation de maître jardinier à l’Université de Clemson.
« Il y a eu des moments où j’ai été submergé à l’idée de quitter mes fonctions », admet-il. « Mais il doit y avoir un moment pour passer le relais. »
Interrogé sur son héritage, David Jezek hésite un instant avant de se souvenir d’une anecdote d’enfance. Son père dirigeait un YMCA à Shawnee, en Oklahoma, et y avait construit un nouveau gymnase. Après la cérémonie d’inauguration, le jeune David a marqué le premier panier sur le nouveau terrain. Peu de temps après, son père a annoncé que la famille allait déménager.
« J’ai dit : ‘Papa, tu viens de terminer la construction de ce gymnase !’ », se souvient David Jezek. « Il m’a répondu : ‘Je l’ai laissé là. Il est temps que quelqu’un d’autre prenne le relais.’ »
« Je pense que mon héritage, c’est simplement de laisser les choses meilleures que je ne les ai trouvées », conclut-il.
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