Home MondeDavid Lammy exclut d’inculper les travailleurs pour les réclamations devant le tribunal du travail | Tribunaux du travail

David Lammy exclut d’inculper les travailleurs pour les réclamations devant le tribunal du travail | Tribunaux du travail

by Clara Dubois

Le gouvernement britannique a renoncé à l’idée de faire payer aux salariés les frais de justice pour contester des litiges avec leur employeur. Cette volte-face intervient après une vive opposition des syndicats, qui dénonçaient un projet susceptible de limiter l’accès à la justice pour les travailleurs.

David Lammy, secrétaire à la Justice et vice-Premier ministre, a annoncé mercredi que le principe selon lequel chacun, quel que soit son revenu, doit pouvoir accéder à la justice pour contester un comportement injuste au travail serait maintenu.
« C’est un principe fondamental selon lequel chacun, quel que soit son revenu, doit pouvoir accéder à la justice pour contester un comportement injuste au travail », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas seulement un droit fondamental, c’est aussi un élément fondamental du plan de ce gouvernement visant à rendre le travail rémunérateur. C’est pourquoi il restera libre de porter une affaire devant un tribunal du travail, garantissant que chacun, quels que soient ses moyens, puisse défendre ses droits au travail. »

L’abandon de ce projet met fin à une controverse née de révélations du Guardian la semaine dernière, qui indiquait que le ministère des Finances envisageait d’imposer des frais aux travailleurs souhaitant saisir les tribunaux du travail dans le cadre de l’examen des dépenses publiques en cours. Les syndicats avaient immédiatement qualifié cette proposition de « désastre ». Le ministère de la Justice s’était contenté de ne pas exclure la possibilité de mettre en œuvre cette mesure, affirmant que les décisions concernant les dépenses et les frais étaient encore en cours.

Il est rappelé que des frais d’introduction des plaintes avaient été instaurés en 2013 par le gouvernement de coalition conservateur-libéral démocrate, avant d’être annulés en 2017 par la Cour suprême, suite à un recours déposé par le syndicat Unison. Lammy a souligné que son gouvernement ne suivrait pas la voie de ses prédécesseurs : « Le gouvernement de coalition Tory-Lib Dem a tenté de soustraire les travailleurs à la justice en payant des frais de justice. Soyons clairs, nous ne le ferons pas. »

Paul Nowak, secrétaire général du TUC, s’est félicité de cette annonce, affirmant : « Personne ne devrait jamais être empêché de faire respecter ses droits au travail. » Il a également souligné les difficultés rencontrées par le système judiciaire britannique, qui souffre d’un important arriéré de dossiers, avec plus de 45 000 affaires en attente à la fin du mois de mars. « Les conservateurs ont laissé le système judiciaire et nos tribunaux dans un état de désordre avec d’énormes arriérés », a-t-il déclaré, ajoutant que les syndicats étaient prêts à collaborer avec le gouvernement pour mettre en place un système « juste, accessible et adapté à l’avenir ».

Par ailleurs, le projet de loi sur les droits du travail, qui comprend des changements significatifs en faveur des travailleurs, devrait entraîner une augmentation du nombre de litiges portés devant les tribunaux. Bien que salué par les syndicats, ce texte suscite des inquiétudes du côté des employeurs, qui craignent une hausse des coûts liés à l’embauche. Le gouvernement précédent, dirigé par Rishi Sunak, avait initialement proposé des frais de 55 £ (environ 64 €) pour les requérants, mais cette proposition est désormais caduque suite à la victoire de Keir Starmer aux élections générales.

Afin de faire face à l’accumulation de dossiers, le ministère de la Justice a lancé en mars un recrutement de jusqu’à 36 juges supplémentaires pour les tribunaux du travail, et prévoit d’en embaucher 50 de plus l’année prochaine.

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