Un bref retour de douceur, parfois trompeur, pourrait s’installer sur une partie de la France et de l’Italie dans les prochains jours, avant un possible retour du froid d’origine arctique. L’incertitude règne quant à la durée de cette pause automnale, les modèles météorologiques oscillant entre différents scénarios.
Les prévisions actuelles suggèrent un renforcement d’un anticyclone subtropical qui affecterait principalement le nord et le centre de l’Italie, ainsi que la Sardaigne, tandis que le sud du pays resterait plus exposé à des perturbations. La question clé n’est pas tant de savoir si cet anticyclone se mettra en place, mais combien de temps il persistera.
Cette situation intervient après des signes de renforcement du vortex polaire à la fin du mois d’octobre, qui avait réactivé les systèmes dépressionnaires de l’Atlantique Nord et entraîné des perturbations d’origine océanique sur la péninsule. Au-delà d’un horizon de 72 à 96 heures, les prévisions se basent sur des probabilités et non sur des certitudes, les centres de calcul utilisant des ensembles de scénarios plutôt qu’une seule “vérité”.
La chaleur saisonnière anormale complique l’interprétation. L’arrivée d’un anticyclone subtropical en novembre s’accompagne souvent d’une advection d’air plus doux en altitude et de températures supérieures à la moyenne en basses couches. Cependant, la durée de cet épisode est déterminante : une pause de deux à trois jours ne suffit pas à marquer une anomalie significative, contrairement à une période de trois à quatre jours.
Ce phénomène, souvent associé au 11 novembre, est lié à l’extension d’un anticyclone subtropical depuis l’Afrique du Nord ou l’Atlantique subtropical, déclenché par une ondulation du jet-stream. L’air chaud se glisse alors au-dessus des couches d’air plus froides, stabilisant le temps et favorisant parfois des inversions de température et du brouillard en plaine.
Cette configuration est toutefois fragile. Les ondes de Rossby, qui façonnent l’écoulement atmosphérique aux latitudes moyennes, peuvent se renforcer en un blocage ou s’affaiblir rapidement sous l’influence d’une nouvelle dépression atlantique. Les prévisionnistes soulignent que les prévisions au-delà de trois à quatre jours reposent sur des probabilités globales, et que la cohérence entre les différents scénarios peut varier considérablement.
Il est possible que cette remontée anticyclonique précède une arrivée d’air arctique dans la deuxième décennie de novembre. Dans certains cas, ce scénario s’est déjà produit : l’anticyclone remodèle d’abord le champ barométrique hémisphérique, puis une ondulation plus profonde descend des régions arctiques vers l’Europe. La relation entre le vortex polaire et le jet polaire est cruciale : lorsque le vortex se compacte, le jet-stream a tendance à s’écouler plus étroitement depuis l’ouest ; lorsqu’il est perturbé, le risque de grandes ondes et d’échanges méridien augmente.
Il est important de distinguer le vortex polaire stratosphérique, situé entre 10 et 50 km d’altitude, du vortex troposphérique, qui se développe en dessous de 10 à 12 km et influence directement notre météo quotidienne. Leurs dynamiques ne coïncident pas toujours, mais un couplage robuste entre les deux peut signaler un changement de régime à venir, avec une augmentation de la probabilité d’épisodes de froid sur l’Europe ou l’Amérique du Nord.
Les fluctuations observées dans les modèles météorologiques ne sont pas un défaut, mais une manifestation de l’incertitude initiale qui s’accroît avec le temps. Pour la gérer, les principaux centres de calcul – CEPMMT, NOO/GFS et le Bureau du Met – calculent des dizaines de scénarios avec des conditions initiales légèrement différentes. La cohérence ou la divergence entre ces scénarios indique le niveau de confiance dans les prévisions.
Dans les prochaines semaines, le scénario le plus probable reste celui d’une courte phase anticyclonique avec un climat doux au nord et dans une partie du centre, et une variabilité persistante au sud. Il sera ensuite crucial d’observer l’évolution du jet-stream sur l’Atlantique et le secteur eurasien, car c’est lui qui déterminera si une invasion arctique plus structurée se mettra en place ou si le couloir perturbé par l’ouest sera rétabli.
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