Publié le 16 novembre 2023 18:30:00. Des milliers de personnes, dont un nombre alarmant d’enfants séparés de leurs familles, ont fui la ville soudanaise d’Al-Fashir après sa prise par les Forces de Soutien Rapide (RSF) fin octobre. Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme face aux traumatismes et aux violences subies par ces enfants.
- La prise d’Al-Fashir par les RSF a provoqué un exode massif vers la ville voisine de Tawila.
- De nombreux enfants réfugiés sont arrivés seuls, certains ayant été témoins de la mort de leurs parents ou les ayant perdus dans la confusion.
- Des témoignages font état de violences sexuelles et de blessures par balle infligées aux enfants.
Depuis la fin octobre, la ville d’Al-Fashir, au Soudan, est sous le contrôle des Forces de Soutien Rapide (RSF). Cette prise de pouvoir, qui met fin à un siège d’un an et demi, a déclenché un mouvement de panique et une fuite massive de la population vers la ville voisine de Tawila. Selon les estimations de l’ONU, moins de 90 000 personnes ont réussi à s’échapper sur les 250 000 habitants d’Al-Fashir.
Les organisations humanitaires s’inquiètent particulièrement de la situation des enfants. Le Washington Post rapporte que la majorité des réfugiés arrivant à Tawila sont des enfants non accompagnés. Certains ont été témoins directs de la mort de leurs parents, tandis que d’autres les ont perdus dans le chaos de l’exode. Des cas particulièrement poignants ont été signalés, notamment des bébés retrouvés accrochés au corps de leurs parents décédés.
Les conséquences psychologiques de ces événements sont dévastatrices. Un travailleur humanitaire a déclaré :
« Il y a des enfants tellement traumatisés qu’ils ont oublié ce qui s’est passé. »
Travailleur humanitaire
D’autres témoignages font état de violences inqualifiables.
« Il y a des enfants blessés par balle… il y a des filles qui ont été violées. »
Travailleur humanitaire
Les témoignages recueillis et les images satellites suggèrent qu’un massacre a eu lieu à Al-Fashir lors de la prise de la ville par les RSF. La situation humanitaire reste extrêmement préoccupante et l’accès à la population civile est difficile.