Publié le 11 novembre 2023 à 15h40, heure locale. La Haute Cour de Delhi a interdit à Patanjali Ayurved de faire de la publicité dénigrant les autres produits de chyawanprash, estimant que ces pratiques commerciales déloyales nuisent à l’ensemble du secteur.
- Patanjali Ayurved est désormais contrainte de retirer ses publicités de tous les supports.
- La décision fait suite à une plainte déposée par Dabur India, un concurrent majeur.
- La cour a jugé que les affirmations de Patanjali selon lesquelles seuls ses produits étaient authentiques étaient diffamatoires.
La Haute Cour de Delhi a sévèrement réprimandé Patanjali Ayurved pour sa campagne publicitaire visant à discréditer les autres marques de chyawanprash, une préparation ayurvédique traditionnelle. L’entreprise, fondée par le gourou du yoga Ramdev, devra retirer ses publicités de tous les supports – électroniques, numériques et imprimés – sous peine de sanctions.
La plainte initiale avait été déposée par Dabur India, qui se disait lésée par les allégations de Patanjali. Dans une publicité de 25 secondes, Patanjali suggérait que la plupart des produits de chyawanprash disponibles sur le marché étaient des contrefaçons. On y voyait une mère donnant un produit à son enfant, avec la mention : « Chalo dhoka khao » (Allez, mangez de la tromperie). Ramdev intervenait ensuite pour affirmer que « la plupart des gens sont trompés au nom de chyawanprash ».
Selon la Haute Cour, cette publicité, en mettant en avant la notoriété de Ramdev en tant qu’expert en yoga et en médecine ayurvédique, était susceptible de créer une forte impression sur le public. Elle a estimé que la publicité induisait en erreur les consommateurs en laissant entendre que seul le chyawanprash de Patanjali était authentique.
« Une telle déclaration amènerait naturellement les téléspectateurs à l’accepter comme vraie et à ignorer les autres marques de chyawanprash. »
Juge Tejas Karia
La cour a souligné que qualifier l’ensemble des autres produits de « tromperie » constituait un dénigrement de toute une catégorie de produits, ce qui est préjudiciable à la concurrence. Bien que Dabur n’ait pas été nommément visée dans la publicité, la cour a estimé que, en tant que leader du marché, l’entreprise était susceptible d’être affectée par la nature désobligeante de la campagne.
Patanjali s’était défendue en arguant que le terme « dhoka » (tromperie) était utilisé de manière créative et que la publicité commerciale était protégée par la liberté d’expression, garantie par l’article 19(1)(a) de la Constitution indienne. La cour a rejeté cet argument, estimant que la publicité allait au-delà de la simple promotion d’un produit et relevait du dénigrement.
La Haute Cour a également rappelé que les annonceurs sont libres de mettre en valeur leurs propres produits, mais qu’ils ne peuvent pas discréditer les produits concurrents, surtout si cela risque d’induire les consommateurs en erreur. Elle a ordonné à Patanjali de supprimer la publicité de tous les supports dans un délai de trois jours.
Il est à noter qu’en juillet dernier, un autre juge de la Haute Cour avait déjà autorisé Dabur à demander la suppression de certaines lignes d’une autre publicité de Patanjali, critiquant la qualité des produits de chyawanprash à base de seulement 40 herbes.