La tension monte dans l’Atlantique Nord et en Amérique du Sud, alors que les États-Unis intensifient leurs actions contre le Venezuela et la Russie. La saisie d’un pétrolier russe sanctionné dans la Manche, survenue hier, s’inscrit dans une série d’événements qui témoignent d’une escalade des tensions géopolitiques.
Mercredi matin, les garde-côtes américains et des forces spéciales militaires ont intercepté le pétrolier Marinera, anciennement connu sous le nom de Bella-1, après une semaine de poursuite dans l’Atlantique Nord. Le navire, qui avait changé de pavillon pour devenir russe après avoir initialement refusé d’être arraisonné, est accusé par Washington de faire partie d’une « flotte fantôme » transportant du pétrole sanctionné en provenance du Venezuela et d’Iran.
Selon la procureure générale Pam Bondi, l’équipage du Marinera a activement tenté d’échapper à la capture et pourrait faire face à des accusations criminelles. « L’équipage a fait des efforts frénétiques pour éviter d’être appréhendé » et « n’a pas obéi » aux ordres de la Garde côtière, a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Parallèlement, les garde-côtes américains ont intercepté un autre pétrolier, le M Sophia, battant pavillon panaméen, transportant du pétrole vénézuélien au large des côtes nord-est de l’Amérique du Sud. Il s’agit de la quatrième saisie de ce type en quelques semaines.
L’intervention américaine au Venezuela a déjà fait, selon le ministre de l’Intérieur vénézuélien Diosdado Cabello, une centaine de morts. Caracas a publié une liste de 23 militaires tués, tandis que Cuba a annoncé la mort de 32 membres de ses services de renseignement et de sécurité déployés au Venezuela. L’épouse du président Maduro, Cilia Flores, a été blessée à la tête lors du raid, et le président lui-même à la jambe.
Des experts, comme Robert Pape de l’Université de Chicago, préviennent que le Venezuela pourrait opposer une résistance violente à toute tentative de contrôle américain de ses ressources pétrolières, décrivant la situation comme « le terrain idéal pour l’insurrection ».
Ces événements interviennent alors que le président américain Donald Trump a appelé à augmenter les dépenses de défense à 1 500 milliards de dollars (environ 1 380 milliards d’euros), invoquant des menaces croissantes, notamment concernant le Groenland. Il a également suscité la controverse en évitant de s’expliquer sur son soutien au vice-président vénézuélien Delcy Rodriguez, potentielle successeur de Nicolas Maduro.
Le Royaume-Uni a apporté son soutien logistique aux États-Unis dans la saisie du Marinera, avec des avions de surveillance de la RAF et des chasseurs de sous-marins déployés dans la zone. L’opération, qualifiée de « farce embarrassante » par le rédacteur en chef aux affaires internationales Sam Kiley, a été perçue par certains comme une démonstration de force coûteuse et peu efficace.
Enfin, le Groenland pourrait engager des négociations directes avec les États-Unis, sans l’intermédiaire du Danemark, selon Pele Broberg, leader du parti d’opposition Naleraq. Il estime que le Danemark entrave les relations entre le Groenland et les États-Unis.
