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Des adolescents utilisent l’IA pour créer des faux sur leurs camarades de classe, selon un comité – The Irish Times

Publié le 2025-12-18 15:28:00. L’essor de l’intelligence artificielle inquiète les autorités irlandaises face à une recrudescence de harcèlement en ligne ciblant les adolescents, notamment via la création de fausses images à caractère sexuel. Des mesures sont à l’étude…

Des adolescents utilisent l’IA pour créer des faux sur leurs camarades de classe, selon un comité – The Irish Times

Publié le 2025-12-18 15:28:00. L’essor de l’intelligence artificielle inquiète les autorités irlandaises face à une recrudescence de harcèlement en ligne ciblant les adolescents, notamment via la création de fausses images à caractère sexuel. Des mesures sont à l’étude pour mieux protéger les jeunes, mais les parents s’inquiètent également d’une exclusion sociale potentielle liée à une restriction d’accès aux réseaux sociaux.

  • Des adolescents utilisent l’intelligence artificielle pour créer des « deepfakes » – des contrefaçons réalistes – de leurs camarades, entraînant un harcèlement en ligne constant.
  • Les jeunes sont de plus en plus anxieux et dépendants des réseaux sociaux, exacerbés par la pression de la comparaison et la recherche de validation.
  • Le gouvernement irlandais s’apprête à déployer un système de vérification d’âge numérique pour limiter l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, en conformité avec la législation européenne.

Le Comité des enfants de l’Oireachtas (le Parlement irlandais) a récemment été alerté sur l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle (IA) par les adolescents pour fabriquer des images et des vidéos truquées de leurs pairs. Ces « deepfakes », comme on les appelle, peuvent avoir des conséquences dévastatrices, notamment un harcèlement en ligne persistant et des traumatismes psychologiques.

La Dre Tara Logan Buckley, directrice du soutien clinique chez Spunout, une organisation caritative dédiée aux jeunes, a souligné que l’IA amplifie les pressions déjà fortes auxquelles sont confrontés les adolescents. Selon elle, l’anxiété infantile est en hausse, et les réseaux sociaux contribuent à ce phénomène.

Spunout a constaté une augmentation significative du nombre de jeunes victimes de « deepfakes » au cours de l’année écoulée. Ces contrefaçons consistent souvent à superposer le visage d’une personne sur le corps d’une autre, parfois dans un contexte sexuel explicite. La Dre Logan Buckley a déclaré que l’association a été confrontée à « certains cas vraiment difficiles ».

« Il s’agit principalement de filles dont une photo a été prise par un camarade de classe, puis utilisée pour créer une image compromettante d’elles. »

Dre Tara Logan Buckley, directrice du soutien clinique chez Spunout

Contrairement au harcèlement « traditionnel », qui se limite souvent à l’environnement scolaire, le harcèlement en ligne est « constant » et les images peuvent être largement diffusées, alimentant la peur que le contenu ne soit jamais effacé. La Dre Logan Buckley a comparé l’impact de ces « deepfakes » au traumatisme sexuel.

Elle a également observé que de nombreux adolescents développent une forme d’addiction au contrôle sur les réseaux sociaux, même s’ils en sont conscients des effets négatifs.

« Ce que nous entendons, c’est : ‘Je suis vraiment dépassé. Même si je veux m’en détacher, je ne peux pas.’ »

Dre Tara Logan Buckley, directrice du soutien clinique chez Spunout

La pression sociale et la comparaison constante avec des images idéalisées sur les réseaux sociaux contribuent également à un sentiment de honte et d’insatisfaction chez les jeunes. Les algorithmes favorisent souvent des « styles de vie parfaits » et des « corps parfaits », renforçant l’impression de ne pas être « assez bien » ou « assez attirant ».

Malgré ces dangers, la Dre Logan Buckley a reconnu que le monde en ligne peut également offrir un soutien important aux jeunes, notamment en permettant à ceux qui se sentent différents de trouver une communauté.

Parallèlement, les parents se sentent de plus en plus obligés de donner un smartphone à leurs enfants dès le plus jeune âge, craignant qu’ils ne soient exclus socialement. Alex Cooney, directrice générale de CyberSafeKids, une organisation caritative dédiée à la sécurité en ligne des enfants, a expliqué que les enfants reviennent souvent de l’école en disant : « Tout le monde a un téléphone » ou « Tout le monde a Snapchat, et je suis le seul à ne pas l’avoir ». Cette pression sociale est un facteur déterminant dans la décision des parents.

Des initiatives locales voient le jour, où parents et écoles s’accordent collectivement à retarder l’âge d’acquisition d’un smartphone par leurs enfants. Selon CyberSafeKids, le nombre d’enfants de moins de 13 ans possédant un smartphone a diminué ces dernières années, mais la plupart d’entre eux ont toujours accès aux médias sociaux via d’autres appareils, tels que les tablettes et les consoles de jeux.

Le gouvernement irlandais n’a pas suivi l’exemple de l’Australie, qui a interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, mais prévoit de lancer prochainement un « portefeuille numérique » pour vérifier l’âge des utilisateurs et restreindre l’accès aux plateformes en ligne. Ce système devra être compatible avec le droit de l’Union européenne visant à protéger les mineurs en ligne.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.