Publié le 24 octobre 2024 à 05h53. Des dizaines de milliers de Hongrois ont manifesté à Budapest, à l’appel d’un chef de l’opposition qui pourrait bien redessiner le paysage politique du pays, alors que le Premier ministre Viktor Orbán riposte en mobilisant également ses partisans.
- Le parti Tisa, dirigé par Peter Magyar, semble en position de force à l’approche des élections législatives d’avril prochain.
- La manifestation d’hier, coïncidant avec l’anniversaire du soulèvement de 1956, marque le coup d’envoi de la campagne électorale de Tisa.
- Viktor Orbán a réaffirmé sa position critique envers l’aide européenne à l’Ukraine et a accusé ses opposants de soutenir la politique de Bruxelles.
Malgré de fortes pluies, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de Budapest suite à l’appel lancé par Peter Magyar, figure montante de l’opposition hongroise. Cette “marche nationale” coïncidait avec le 68e anniversaire du soulèvement anti-soviétique de 1956, un événement clé de l’histoire hongroise. Les sondages actuels placent Magyar et son parti, Tisa (Transzformáció és Újjáépítés – Transformation et Reconstruction), en bonne position pour les élections législatives prévues en avril prochain.
Lors de cette manifestation, Peter Magyar a réitéré ses accusations à l’encontre de Viktor Orbán, l’accusant de liens étroits avec le président russe Vladimir Poutine. Il a souligné le contraste entre l’image d’un jeune politicien réformateur qu’était Orbán en 1989 et son rôle actuel, qu’il décrit comme celui du “plus fidèle allié” du Kremlin, cherchant à restaurer un système qu’il avait autrefois combattu. Certains manifestants ont scandé des slogans tels que « Russes, partez », selon l’agence de presse allemande DPA.
En parallèle, le Premier ministre Viktor Orbán a également rassemblé des dizaines de milliers de ses partisans devant le Parlement à Budapest, à l’occasion de la fête nationale. Il a dénoncé l’aide de l’Union européenne à l’Ukraine, accusant ses adversaires de soutenir cette politique. Sur la plateforme Facebook, il a déclaré : « Nous ne mourrons pas pour l’Ukraine. Nous n’enverrons pas nos enfants se faire massacrer à la demande de Bruxelles ».
La journée a donc été marquée par une forte polarisation politique, avec deux rassemblements de grande ampleur illustrant les profondes divisions qui traversent la société hongroise. L’avenir politique du pays, et notamment la question de son alignement sur les politiques européennes, semble en jeu à l’approche des élections de l’année prochaine.
