Publié le 30 décembre 2025 21h48. Cuba a autorisé une société américaine, Cubamax Travel Inc., à effectuer des transferts de fonds vers l’île, y compris en espèces, une décision qui marque un changement notable dans la politique monétaire du pays et soulève des questions sur le contrôle étatique des devises.
- La Banque centrale de Cuba (BCC) autorise Cubamax à acheminer des fonds via les institutions financières cubaines, avec possibilité de remise en espèces (monnaie nationale ou étrangère).
- Cubamax peut opérer sans être enregistrée en tant qu’entité juridique cubaine, mais doit respecter des exigences strictes en matière de surveillance, de transparence et de cybersécurité.
- La résolution de la BCC ne précise pas les tarifs, les limites de transaction, les délais de livraison ou le taux de change applicable, laissant une large marge de manœuvre au gouvernement.
Cette décision, officialisée par la résolution 135/2025 de la BCC et publiée mardi au Journal Officiel, intervient après des années de restrictions sur l’entrée de devises, notamment de dollars américains, à Cuba. Le gouvernement justifiait ces restrictions par les difficultés liées aux sanctions américaines qui entravaient l’utilisation internationale de ces fonds.
Signée par Juana Lilia Delgado Portal, ministre-présidente de la BCC, la résolution autorise Cubamax Travel Inc., basée à Hialeah, en Floride, et titulaire d’une licence de transfert de fonds délivrée par l’Office de régulation financière des États-Unis, à « acheminer des fonds, à travers les institutions financières cubaines, pour les déposer sur des comptes, des cartes de débit ou prépayées », ainsi qu’à « remettre de l’argent liquide en monnaie nationale ou en monnaie étrangère aux bénéficiaires ». Cubamax pourra donc opérer à Cuba sans s’établir en tant qu’entité juridique locale, à condition de se conformer aux exigences de surveillance, de transparence et de cybersécurité imposées par la Banque centrale.
Cette autorisation est perçue comme une tentative du gouvernement de Miguel Díaz-Canel de mieux contrôler les flux monétaires entrants, en particulier les fonds provenant des États-Unis, principale source de devises pour les familles cubaines. Elle pourrait également permettre à l’État de s’approprier une partie de ces transferts.
Cependant, la résolution soulève des interrogations quant à son application concrète. Elle ne précise pas les commissions qui seront appliquées par Cubamax, ni les éventuelles limites de transaction, ni les délais de livraison des fonds. Il n’est pas non plus indiqué si les bénéficiaires pourront recevoir les sommes en dollars américains ou si elles seront automatiquement converties en pesos cubains au taux de change officiel. En laissant ces aspects à des décisions administratives ultérieures, la BCC conserve un pouvoir discrétionnaire important sur le fonctionnement du système.
En pratique, cela signifie que les utilisateurs dépendront entièrement des conditions imposées par le régime, sans cadre réglementaire clair ni garanties de transparence. Cette situation pourrait susciter des inquiétudes quant à l’équité et à l’accessibilité du service pour les familles cubaines.
La résolution 135/2025 entrera en vigueur cinq jours ouvrables après sa publication au Journal officiel, soit au cours de la première semaine de janvier 2026.
