Publié le 25 novembre 2025 16h09. De nouvelles révélations mettent en lumière des pressions exercées au sein de la Direction nationale du renseignement (DNI) colombienne, avec des accusations de tentatives d’obtenir des informations compromettantes sur des généraux et de surveiller le président Gustavo Petro.
- Des enregistrements audio suggèrent que des responsables du DNI auraient été incités à fournir des informations sensibles en échange d’avantages administratifs.
- Wilmar Mejía, un membre de la DNI, est au centre des accusations et est soupçonné d’agir sur instruction directe de la présidence.
- Des interrogatoires, des tests polygraphiques et des processus de promotion seraient instrumentalisés pour exercer des pressions sur les agents.
L’affaire prend une nouvelle tournure avec la diffusion de nouveaux enregistrements et de témoignages accablants. Selon plusieurs sources internes à la DNI, des pressions auraient été exercées sur des agents pour qu’ils divulguent des informations concernant des généraux, tant en activité qu’à la retraite, ainsi que sur une éventuelle surveillance du président Gustavo Petro. Ces pressions se traduiraient par des promesses d’avancement de carrière ou, à l’inverse, par des menaces de blocage de leur progression.
Au cœur de ces accusations se trouve Wilmar Mejía, dont l’arrivée à la DNI, selon des responsables de l’entité, aurait été ordonnée directement par la présidence. Un enregistrement audio, attribué à Mejía, révèle une tentative de manipulation flagrante. Il y déclare :
« Imaginez que vous puissiez sauver le président du feu de joie dans lequel il est si en colère et que vous puissiez trouver quelque chose de bien pour détourner l’attention. Là où ils peuvent faire ça et détourner l’attention, vous ressemblez à un prince. Vous n’allez évidemment pas vous brûler… C’est cela qu’il faut sauvegarder, votre image. « Vous ne pouvez pas comparaître. » »
Wilmar Mejía
Les pressions alléguées ne se limiteraient pas à des promesses. Des témoignages font état d’interrogatoires poussés, de tests polygraphiques orientés et de retards injustifiés dans les processus de promotion et d’affectation. Certains agents affirment que les questions posées lors des polygraphiques étaient spécifiquement axées sur des généraux de haut rang et des opérations de surveillance, ce qu’ils considèrent comme une pratique irrégulière et étrangère aux procédures habituelles.
Un autre enregistrement audio, également attribué à Mejía, laisse entendre une volonté de favoriser la carrière d’un officier en échange de sa coopération :
« L’idée est qu’il puisse continuer et être promu colonel. C’est pour qu’il puisse poursuivre ses démarches institutionnelles. Mais s’ils veulent le conserver aujourd’hui pour le livrer dans 3 mois, alors nous n’avons rien fait. »
Wilmar Mejía
À cela, l’officier interrogé aurait répondu :
« Ils ont besoin d’un puissant écran de fumée pour cacher ce qui se passe dans le pays. »
Officier de la DNI (non identifié)
Les plaignants dénoncent également des avertissements explicites, notamment une mise en garde contre d’anciens membres du M-19, un groupe guérillero démantelé. Selon eux, ces pressions visent à obtenir des informations compromettantes sur des généraux ou des officiers accusés d’avoir ordonné une surveillance du gouvernement Petro.
Wilmar Mejía a nié en bloc les accusations portées contre lui, les qualifiant de diffamatoires et les attribuant à une volonté de décrédibiliser son travail. Il a également réfuté les allégations de liens avec des groupes dissidents, notamment ceux dirigés par un individu connu sous le nom de « Calarcá ». Réfutation de Wilmar Mejía
Les responsables de la DNI craignent que ces pressions ne conduisent à des mutations forcées, des départs à la retraite anticipée ou des représailles à l’encontre des agents qui refusent de coopérer. Ces lenteurs administratives pourraient également expliquer les retards constatés dans la progression de carrière de nombreux officiers, comme les 600 officiers qui attendaient, en juillet 2025, la signature présidentielle pour leur promotion depuis près de huit semaines.
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