Home Monde« Des inquiétudes demeurent » autour de Grok malgré les assurances de X, déclare le ministre – The Irish Times

« Des inquiétudes demeurent » autour de Grok malgré les assurances de X, déclare le ministre – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 16 janvier 2026 18h31. Le réseau social X, dont le siège européen est à Dublin, a reconnu avoir diffusé du contenu illégal en Irlande via son application d’intelligence artificielle Grok, suscitant l’inquiétude des autorités et une possible intervention du régulateur des médias.

  • X a admis avoir hébergé du contenu illégal sur sa plateforme via l’application Grok.
  • L’application Grok permettait de créer des images à caractère sexuel explicite, notamment en « déshabillant » des personnes.
  • La Garda Síochána (police irlandaise) a ouvert 200 enquêtes concernant des images présumées d’abus sexuels sur des enfants générées par Grok.

Lors d’une réunion avec des responsables de X vendredi dernier, la ministre d’État Niamh Smyth a obtenu la confirmation que le réseau social avait diffusé du matériel illégal. Selon la ministre, X a également indiqué avoir pris des mesures pour empêcher Grok de générer des images à caractère sexuel explicite, en bloquant la possibilité de modifier des photos pour simuler des tenues vestimentaires suggestives.

La rencontre fait suite à une vive polémique concernant les images de « nudification » que Grok permettait aux utilisateurs de créer. Mme Smyth a précisé que X ne se dégageait d’aucune responsabilité quant au contenu créé par l’application, mais reconnaissait sa responsabilité dans sa diffusion sur la plateforme.

« Ce dont ils ont assumé la responsabilité, c’est la diffusion de matériel illégal sur la plateforme X, via l’application Grok. »

Niamh Smyth, ministre d’État

La ministre a souligné qu’elle considérait que le type de contenu généré par Grok est illégal en Irlande, citant trois textes législatifs qui interdisent la diffusion de ce type d’images au public. Elle a également rencontré la Commission des Médias cette semaine et s’attend à une intervention rapide de l’organisme de régulation.

« Mon sentiment serait que nous verrons des mesures prises par la commission dans quelques jours plutôt que quelques semaines, par rapport à ce qui s’est passé au cours des dernières semaines. »

Niamh Smyth, ministre d’État

Parallèlement, le président du comité des médias de l’Oireachtas (parlement irlandais), Alan Kelly, a exprimé sa « profonde inquiétude » face au refus de X de comparaître devant la commission. Il a indiqué que les représentants d’Instagram (Meta) et de TikTok avaient, en revanche, accepté de témoigner le 4 février prochain.

« J’exhorte les dirigeants de X à repenser cela… L’attitude adoptée par X est profondément préoccupante. »

Alan Kelly, président du comité des médias de l’Oireachtas

Le ministre des Médias, Patrick O’Donovan, a quant à lui évoqué une possible « faille » juridique concernant les modèles d’IA qui génèrent des images intimes de femmes. Il a souligné la nécessité de clarifier si Grok a enfreint la loi en créant des images intimes de personnes réelles sans leur consentement. La loi Coco, en vigueur depuis 2020, interdit le partage d’images intimes sans consentement, mais ne semble pas criminaliser leur génération.

La Garda Síochána a confirmé qu’elle menait actuellement 200 enquêtes sur des images présumées d’abus sexuels sur des enfants générées par Grok. La Commission des Médias et la Commission européenne s’efforcent de rassembler des preuves numériques de ces images illégales.

Le Conseil consultatif sur l’IA a récemment demandé au gouvernement irlandais de profiter de sa présidence de l’Union européenne, au second semestre 2026, pour plaider en faveur d’une interdiction européenne des « deepfakes » – images ou vidéos truquées et nuisibles générées par l’IA.

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