Home NouvellesDes milliers de teufeurs ont manifesté contre la « répression » des « free-parties » à Paris

Des milliers de teufeurs ont manifesté contre la « répression » des « free-parties » à Paris

by Nicolas Lefèvre

Des milliers de passionnés de musique électronique ont manifesté samedi 18 octobre 2025 dans les rues de Paris pour dénoncer une répression croissante à l’encontre des free-parties, ces rassemblements festifs gratuits et non autorisés. Les participants craignent que des interdictions préfectorales et des sanctions financières ne mettent un terme à leur mode de vie.

La manifestation a pris la forme d’un défilé animé par une dizaine de camions équipés de puissants systèmes de sonorisation. Les teufeurs, comme ils se nomment, expriment leur inquiétude face à un durcissement des mesures à leur encontre.

« Il y a un mouvement anti-teufeurs qui s’intensifie et qui nous déshumanise », témoigne Manu, venu de l’Ariège avec son estafette transformée en sound-system. Il déplore la difficulté croissante d’organiser des fêtes, même de petite taille. « Aujourd’hui, même une fête à 60 personnes devient impossible. On nous bloque, on saisit notre matériel. On est en autonomie totale et ils n’aiment pas trop ça. »

Ces derniers mois, plusieurs préfectures ont pris des arrêtés interdisant pour une durée d’un an les « rassemblements musicaux illicites », invoquant des incidents survenus lors de certains événements et des préoccupations de santé publique.

Par ailleurs, une quarantaine de députés de la majorité présidentielle ont déposé en mars une proposition de loi visant à « renforcer la pénalisation de l’organisation » des free-parties.

Les manifestants brandissaient des slogans tels que « Le dernier rempart de la culture sera un mur du son » et « Moins de répression, plus de caissons ». Ils affirment subir des sanctions accrues, malgré l’absence de structure de direction ou de porte-parole.

« On aimerait pouvoir vivre notre mouvement, vivre nos valeurs sans se faire taper dessus dans tous les sens du terme, physiquement ou financièrement », déclare Agathe*, membre d’un collectif du sud de la France.

Magali, présente sur le cortège, participait déjà aux free-parties dans les années 1990 et y emmène parfois ses enfants de 20 et 21 ans. « Ça permet aux gens d’avoir une soupape, et c’est aussi une démarche anticonsumériste », explique-t-elle.

« Fabrice », également présent, défend la philosophie des free-parties, car « tout le monde n’est pas fait pour les clubs et n’a d’ailleurs pas les moyens pour ça ». Il conclut : « On a besoin de pouvoir faire la fête librement. »

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