Des plongeurs et des équipes de secours ont intensifié leurs recherches dans les eaux boueuses d’Igbokoda, dans l’État d’Ondo, une semaine après le crash d’un avion ATR-42 de l’armée de l’air nigériane. L’accident, survenu le 5 octobre 2026, a fait 25 victimes et relancé le débat sur la sécurité militaire.
L’appareil, un bimoteur ATR-42-500MP portant le numéro de série NGR 931 et exploité par les forces aériennes, s’est abîmé le 5 octobre 2026 lors d’une mission de liaison entre Benin City et Lagos. Les autorités ont confirmé qu’aucun des 25 passagers et membres d’équipage n’a survécu au drame.
Une semaine après la catastrophe aérienne qui a endeuillé le pays, les opérations de repêchage se poursuivent dans les marécages d’Igbokoda, chef-lieu de la zone de gouvernement local d’Ilaje dans l’État d’Ondo. Les équipes engagées sur place s’attellent à retrouver les corps des victimes ainsi que l’enregistreur de vol, communément appelé boîte noire.

Les recherches difficiles et la pollution des cours d’eau
Sur les lieux du drame, situés à proximité d’une base navale, la violence de l’impact complique considérablement le travail des techniciens. Selon les témoignages recueillis sur place par les équipes engagées dans les opérations de sauvetage, la carlingue a été pulvérisée en de multiples morceaux par la force de la chute dans ce milieu marécageux et profond. Un opérateur interrogé par Premium Times a indiqué avoir retrouvé le corps du pilote coupé au milieu près d’un pneu, tandis que les équipes ont renoncé à retrouver les corps complets en raison de l’impact.
L’utilisation de pelles amphibies et de buggies de marais s’avère indispensable pour progresser dans la vase. Les techniciens assemblent en outre des structures flottantes pour renforcer la stabilité des engins lourds. Cette situation fait naître des craintes au sein de la population locale concernant la pollution des cours d’eau par le carburant et les huiles de l’appareil, le fleuve constituant la principale ressource en eau de la communauté, une préoccupation également soulignée par le dirigeant traditionnel Afolabi Odidiomo selon Premium Times.

Le témoignage des habitants et l’hommage au pilote
D’après les observations rapportées par le gouverneur de l’État d’Ondo, M. Lucky Aiyedatiwa, qui s’est rendu sur le site pour constater les dégâts, l’avion semblait incontrôlable et menaçait de s’écraser au milieu des habitations. L’appareil transportait au total vingt-cinq passagers et sept membres d’équipage selon les bilans initiaux mentionnés par le ministre de l’Aviation et du Développement aérospatial, M. Festus Keyamo, tandis que la liste officielle communiquée par la suite par l’armée de l’air fait état de vingt-cinq personnes à bord au total, incluant cinq membres d’équipage et vingt passagers.
« L’avion se dirigeait vers la communauté, mais il a manœuvré pour l’emmener dans le marécage. Il devrait être célébré dans la mort pour nous avoir sauvés d’une catastrophe », a déclaré un résident d’Igbokoda, selon Vanguard News.

Le gouverneur a souligné la nature particulièrement macabre de la scène tout en confirmant que le bilan officiel fait état d’une absence totale de survivants dès l’arrivée des premiers secouristes sur place. Le président du Comité sénatorial de l’Armée, le sénateur Abdulaziz Yar’Adua, a également exprimé sa profonde tristesse face à ce drame qu’il a qualifié de jour sombre pour les forces armées du pays.
L’enquête officielle sur l’état de l’appareil
Le président Bola Tinubu a décrété trois jours de deuil national, ordonné la mise en berne des drapeau à travers le pays et exigé une enquête approfondie sur les causes de l’accident. Du côté des autorités aéronautiques, le chef d’état-major de l’armée de l’air, l’Air Marshal Sunday Kelvin Aneke, s’est rendu sur les lieux pour inspecter les opérations de repêchage et s’entretenir avec les familles, promettant que l’institution ne laisserait aucune pierre en place pour faire toute la lumière sur l’incident et veiller sur le bien-être des proches endeuillés, aux côtés d’autres responsables comme l’Air Vice Marshal Ebimobo Ebiowe, surintendant de la sécurité et des normes.
De sérieuses questions émergent quant à la navigabilité de l’appareil avant ce vol fatal. Des informations relayées par la presse locale et des proches de victimes indiquent que l’avion avait présenté un problème de moteur lors d’une escale à Benin City la veille du drame, soulevant des interrogations sur la décision de l’autoriser à poursuivre sa route vers Lagos, ce que l’armée de l’air a entrepris de vérifier au milieu d’autres incidents récents, à l’instar d’un atterrissage d’urgence effectué à Makurdi par un hélicoptère de combat T-129AK à peine deux jours après la catastrophe d’Igbokoda.