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Des soins personnalisés et un meilleur diagnostic grâce au « Digital Dementia Lab »

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Un nouveau laboratoire dédié à la démence, le « Digital Dementia Lab » d’Erasmus MC, mise sur les technologies numériques – applications, capteurs portables, réalité virtuelle – pour affiner le diagnostic et personnaliser les…

Des soins personnalisés et un meilleur diagnostic grâce au « Digital Dementia Lab »

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Un nouveau laboratoire dédié à la démence, le « Digital Dementia Lab » d’Erasmus MC, mise sur les technologies numériques – applications, capteurs portables, réalité virtuelle – pour affiner le diagnostic et personnaliser les soins aux personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative.

  • Le « Digital Dementia Lab » explore cinq pistes de recherche basées sur l’analyse des mouvements oculaires, du comportement de frappe, des réactions émotionnelles, des signaux physiologiques et des interactions sociales en réalité virtuelle.
  • L’objectif est de détecter les premiers signes de déclin cognitif et d’adapter les soins aux besoins spécifiques de chaque patient et de ses proches.
  • Une patiente, Annette Ossewaarde, participe aux études et souligne l’importance de ces recherches pour l’avenir.

Le diagnostic et le suivi de la démence, qui affectent non seulement les capacités cognitives mais aussi l’état émotionnel et comportemental des patients, représentent un défi majeur pour les soignants. Les méthodes actuelles, basées sur des tests et des questionnaires ponctuels, ne permettent pas toujours de saisir la complexité de la vie quotidienne des personnes atteintes et de leurs familles. C’est pourquoi le Centre Alzheimer d’Erasmus MC a créé le « Digital Dementia Lab », un laboratoire de recherche innovant qui s’appuie sur les technologies numériques pour améliorer la prise en charge de la démence.

Jackie Poos, chercheuse et neuropsychologue à Erasmus MC, explique :

« Un simple instantané ne donne pas une image fidèle du fonctionnement et du bien-être au quotidien des personnes atteintes de démence et de leurs proches. En conséquence, les symptômes ne sont souvent pas reconnus correctement et à temps. »

Jackie Poos, chercheuse et neuropsychologue à Erasmus MC

Elle ambitionne de développer des outils numériques intelligents pour un diagnostic plus précoce et un suivi plus personnalisé.

Les recherches s’articulent autour de cinq projets distincts :

Tout d’abord, l’eye tracking, ou suivi du regard, est utilisé pour détecter des changements subtils dans les mouvements oculaires et le traitement visuel chez des personnes présentant une prédisposition héréditaire à la démence frontotemporale. Ensuite, l’application Neurokeys analyse la vitesse et la précision de la frappe au clavier, sans enregistrer le contenu des messages, afin d’identifier des anomalies pouvant signaler un déclin de l’attention et de la concentration. Un autre projet consiste à examiner les réactions des participants face à des stimuli inattendus lors du visionnage de courtes vidéos, grâce à une application spéciale qui analyse les réponses oculaires.

Parallèlement, une montre intelligente enregistre les signaux physiologiques des participants pendant deux semaines, complétés par des questionnaires réguliers sur leur état émotionnel. Ces données doivent permettre de proposer des conseils personnalisés aux patients et à leurs aidants, notamment en cas d’irritabilité ou de stress. Enfin, en collaboration avec la TU Delft, les chercheurs ont développé un environnement de réalité virtuelle dans lequel les participants évaluent des situations sociales, afin de tester leur capacité à reconnaître les signaux sociaux et à comprendre les émotions des autres, des compétences souvent altérées dans la démence frontotemporale.

Annette Ossewaarde, 62 ans, diagnostiquée avec la maladie d’Alzheimer, participe aux études du « Digital Dementia Lab » avec son partenaire. Elle témoigne :

« Je pense que c’est important pour les gens qui me suivront. »

Annette Ossewaarde, patiente

Son témoignage a été relayé par la chaîne Rijnmond, dont vous pouvez consulter le reportage complet ici.

Selon Jackie Poos, ces projets ouvrent la voie à une prise en charge plus individualisée de la démence, en palliant les limites des tests et questionnaires traditionnels. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, ces nouveaux outils numériques pourraient permettre d’apporter un soutien ciblé aux patients et à leurs familles au moment opportun.

Cette approche numérique s’inscrit dans une tendance plus large, illustrée par une équipe de recherche internationale qui a récemment développé une méthode innovante combinant un questionnaire en ligne et une analyse par intelligence artificielle des dossiers médicaux électroniques pour détecter la démence à un stade précoce. Plus d’informations sur cette recherche sont disponibles ici.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.