Cotonou, Bénin – L’armée béninoise a annoncé dimanche la dissolution du gouvernement et la destitution du président Patrice Talon, marquant un nouveau coup d’État dans un contexte régional de fragilité politique croissante en Afrique de l’Ouest.
Apparu à la télévision nationale, un groupe de militaires se faisant appeler le Comité militaire pour la refondation a justifié cette prise de pouvoir par des raisons non précisées. Le lieutenant-colonel Pascal Tigri a été désigné comme le nouveau chef de l’État par le comité.
Ce coup d’État intervient alors que le président Talon, au pouvoir depuis 2016, devait quitter ses fonctions en avril prochain, après l’élection présidentielle. Son parti avait désigné Romuald Wadagni, ancien ministre des Finances, comme favori pour lui succéder. L’opposition, représentée par Renaud Agbodjo, avait vu sa candidature rejetée par la commission électorale en raison d’un nombre insuffisant de parrainages.
Le Bénin, qui a connu une période d’instabilité politique marquée par de nombreux coups d’État après son indépendance en 1960, semblait s’être stabilisé depuis 1991, après deux décennies de règne de Mathieu Kérékou, qui avait rebaptisé le pays République populaire du Bénin. Récemment, en décembre 2023, le parlement béninois avait modifié la constitution pour prolonger la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, tout en maintenant la limite de deux mandats.
Cette nouvelle prise de pouvoir militaire s’inscrit dans une série d’événements similaires qui déstabilisent l’Afrique de l’Ouest. La semaine dernière, un coup d’État en Guinée-Bissau avait conduit à la destitution du président Umaro Embalo, suite à une élection contestée où il s’était déclaré vainqueur, tout comme son principal adversaire.