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Des souvenirs troublants refont surface à Davao alors que les autorités retracent les mouvements des suspects de la fusillade de Bondi | Attaque terroriste sur la plage de Bondi

Publié le 21 décembre 2025 à 14h00. L'enquête sur le séjour à Davao City, aux Philippines, des suspects de la fusillade de Bondi, en Australie, rouvre les blessures d'attentats passés et relance les inquiétudes sécuritaires dans cette ville…

Des souvenirs troublants refont surface à Davao alors que les autorités retracent les mouvements des suspects de la fusillade de Bondi | Attaque terroriste sur la plage de Bondi

Publié le 21 décembre 2025 à 14h00. L’enquête sur le séjour à Davao City, aux Philippines, des suspects de la fusillade de Bondi, en Australie, rouvre les blessures d’attentats passés et relance les inquiétudes sécuritaires dans cette ville marquée par le terrorisme, tout en soulevant des questions sur les liens potentiels avec des groupes extrémistes locaux.

  • Les suspects de la fusillade de Bondi, Sajid Akram et son fils Naveed, ont passé quatre semaines à Davao City, suscitant l’attention des autorités philippines.
  • L’enquête se déroule dans un contexte de souvenirs encore vifs de l’attentat de 2016 sur le marché nocturne de Davao, revendiqué par l’État islamique et ayant fait 15 morts.
  • Les habitants de Davao, marqués par la politique de sécurité intransigeante de l’ancien président Rodrigo Duterte, se montrent globalement confiants quant à la capacité de la ville à prévenir de nouvelles attaques.

Davao City, dans le sud des Philippines, revit des moments d’inquiétude. L’enquête sur le séjour de quatre semaines de Sajid Akram et de son fils Naveed, soupçonnés d’être les auteurs de la récente fusillade de Bondi, en Australie, a ravivé les souvenirs douloureux de l’attentat de 2016 qui avait frappé le marché nocturne de Roxas. Cet attentat, revendiqué par l’État islamique (EI), avait fait 15 morts, dont le beau-frère de Gerry Pendon, un massothérapeute travaillant sur le marché.

Neuf ans après ces événements tragiques, l’ombre de l’EI plane à nouveau sur l’une des principales villes des Philippines. La communauté internationale suit de près l’enquête, tandis que les habitants tentent de reprendre le cours de leur vie. Gerry Pendon, témoin de l’attentat de 2016, se souvient de ce moment comme étant le plus effrayant de sa vie. Il se trouvait à seulement cinq mètres de l’explosion.

« Cela ne se reproduira plus à Davao », déclare Pendon.

Gerry Pendon, massothérapeute

Malgré les craintes, de nombreux habitants se montrent optimistes, attribuant la relative sécurité de la ville à la politique de lutte contre la criminalité menée par la famille Duterte, notamment par l’ancien président Rodrigo Duterte. À l’entrée du marché nocturne, des agents de sécurité inspectent les sacs des visiteurs, un rappel constant de la menace potentielle.

Emelyn Lorenzo, également massothérapeute sur le marché, a exprimé sa surprise en apprenant la présence des Akram dans les actualités. Cependant, elle estime qu’ils étaient simplement en visite touristique.

« J’ai été surprise de voir [les Akrams] dans l’actualité. Mais ils étaient ici pour le tourisme, pas pour le terrorisme. »

Emelyn Lorenzo, massothérapeute

Les autorités philippines ont affirmé que l’enquête sur les activités du père et du fils était en cours et que la raison exacte de leur visite restait inconnue. Eduardo Año, conseiller à la sécurité nationale des Philippines, a précisé que les deux hommes n’avaient pas quitté la ville et n’avaient reçu aucune formation militaire dans le pays, contrairement à certaines affirmations initiales. Les Philippines ont une longue histoire de troubles et de marginalisation, ce qui a conduit certains groupes séparatistes musulmans à nouer des liens avec des organisations djihadistes internationales.

Karlos Manlupig, directeur exécutif de l’ONG Balay Mindanao, a souligné l’importance de ne pas laisser les griefs légitimes être détournés par l’extrémisme. Il a également insisté sur la nécessité de s’attaquer aux facteurs socio-économiques et politiques qui alimentent la violence, tout en promouvant la tolérance et en évitant les préjugés.

« Il est tout simplement regrettable que des griefs légitimes soient détournés par l’extrémisme. Malheureusement, le récit de la violence brutale a été injustement collé à l’identité de Mindanao. »

Karlos Manlupig, directeur exécutif de Balay Mindanao

À Marawi, ville marquée par de violents combats contre des militants liés à l’EI en 2017, les habitants craignent que le regain d’attention médiatique sur le terrorisme ne conduise à une sécurisation accrue et à une stigmatisation accrue de la communauté musulmane. Les combats de 2017 à Marawi ont laissé des cicatrices profondes et ont mis en évidence la complexité de la situation sécuritaire dans la région.

La police philippine a déclaré qu’elle prenait au sérieux la présence des Akram dans le pays et qu’elle reconstituait leurs activités pendant leur séjour de quatre semaines à Davao City. Les enquêteurs examinent les images de vidéosurveillance et retracent les trajets en taxi pour reconstituer leurs mouvements et s’assurer que toutes les pistes sont explorées.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.