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Dileep acquitté dans l’affaire d’agression d’un acteur en 2017, Pulsar Suni condamné

by Nicolas Lefèvre

Publié le 26 septembre 2024. Après près de cinq ans de procès, l’acteur Dileep a été acquitté dans l’affaire d’agression sexuelle d’une actrice de Malayalam, une décision qui suscite la controverse et relance le débat sur le fonctionnement de la justice dans ce type d’affaires en Inde.

  • Dileep, accusé d’avoir commandité l’agression, n’a pas été reconnu coupable.
  • Le procès, entaché de multiples rebondissements et de batailles juridiques, a débuté en janvier 2020.
  • La Cour suprême a accordé la libération sous caution à l’accusé principal, Suni, estimant que le procès ne serait probablement pas conclu dans un délai raisonnable.

L’acquittement de Dileep met fin à un feuilleton judiciaire qui a captivé l’opinion publique indienne. L’affaire avait débuté en 2017 avec l’agression d’une actrice de Malayalam alors qu’elle se rendait à Cochin pour un tournage. L’acteur Dileep a été rapidement soupçonné d’avoir commandité l’attaque, et a été arrêté en 2017. Il a toujours nié les accusations.

Le procès, présidé par la juge spéciale Honey M Varghese, nommée en 2019 à la demande de la victime qui souhaitait une magistrate, a été marqué par de nombreux obstacles. La survivante et le gouvernement de l’État du Kerala ont à plusieurs reprises demandé le remplacement de la juge Varghese, invoquant un possible parti pris, mais ces demandes ont été rejetées par les tribunaux, y compris par la Cour suprême.

La procédure a été ralentie par des témoins réticents, des allégations de falsification de preuves numériques et une succession de requêtes déposées par les accusés. Des enquêtes distinctes ont été ouvertes concernant un accès illégal à des éléments de preuve cruciaux, notamment des images de l’agression. En 2024, le gouvernement du Kerala a même accusé Dileep d’avoir tenté d’entraver le bon déroulement du procès.

Tous les accusés ont bénéficié d’une libération sous caution pendant la durée du procès. Le 18 septembre 2024, la Cour suprême a accordé la libération sous caution à Suni, l’accusé principal, estimant qu’un dénouement rapide de l’affaire était improbable. Plus de 200 témoins ont été entendus et des analyses médico-légales approfondies ont été réalisées dans le cadre de l’enquête. Les accusations portaient sur des infractions relevant des articles 120B (complot criminel), 366 (enlèvement) et 376D (viol collectif) du Code pénal indien (IPC), ainsi que des violations de la loi sur les technologies de l’information.

Cette affaire soulève des questions sur la lenteur de la justice indienne dans les affaires d’agression sexuelle et sur les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir réparation. Elle a également mis en lumière les pressions politiques et médiatiques qui peuvent s’exercer sur les procédures judiciaires.

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