Publié le 6 novembre 2024 18:02:00. Un homme du Kansas a été condamné à 25 ans de prison pour avoir utilisé l’intelligence artificielle afin de créer et de diffuser de la pornographie juvénile, illustrant une nouvelle menace posée par cette technologie émergente.
- Jeremy Weber, 47 ans, a été reconnu coupable de cinq chefs d’accusation de transport et d’un chef de possession de pornographie juvénile.
- L’accusé a utilisé une plateforme d’IA pour manipuler des images de femmes et d’enfants, créant des centaines de représentations de matériel pédopornographique.
- L’enquête a révélé que Weber a également utilisé l’IA pour produire des images pornographiques adultes sans consentement.
Jeremy Weber, originaire de Topeka, au Kansas, a été condamné à 25 ans de prison pour son rôle dans la création et la diffusion de pornographie juvénile. Selon les documents judiciaires, Weber a téléchargé des photographies de personnes qu’il connaissait sur une plateforme d’intelligence artificielle (IA) accessible au public. Il a ensuite exploité les capacités de l’IA pour manipuler et fusionner ces images, générant ainsi des centaines de représentations de matériel d’abus sexuels sur enfants (CSAM).
L’enquête a révélé que Weber ne s’est pas limité à la manipulation d’images existantes. Il a également téléchargé sur la même plateforme des images CSAM préalablement modifiées, transformant des images originales en y intégrant les visages de femmes adultes ou mineures, créant ainsi de nouvelles images illégales. Environ 32 femmes ont été identifiées comme ayant vu leurs images utilisées pour produire ce nouveau CSAM.
L’utilisation de l’IA par Weber ne s’est pas arrêtée là. Il a également exploité le même programme pour générer des images pornographiques adultes de 50 à 60 femmes sans leur consentement, aggravant ainsi la nature de ses crimes.
L’affaire a été déclenchée par un professionnel de l’informatique qui a détecté une activité suspecte sur l’ordinateur de Weber et l’a signalée aux autorités locales. Une perquisition au domicile de l’accusé a permis de découvrir un disque dur crypté contenant un dossier intitulé « AI Swap ». Ce dossier contenait un grand nombre de fichiers organisés en répertoires portant le nom des victimes, chacun contenant entre quelques images et des centaines de représentations sexuellement explicites nouvellement créées.
« Bien qu’il s’agisse encore d’une technologie émergente, je pense que l’intelligence artificielle peut présenter de nombreux aspects merveilleux et bénéfiques, mais il y a aussi un côté sombre. Malheureusement, les prédateurs d’enfants utilisent l’IA pour des activités tordues et perverses. »
Ryan A. Kriegshauser, procureur américain
Le procureur Kriegshauser a souligné la gravité de la situation, insistant sur le fait que même si les images étaient “fausses”, le préjudice causé aux victimes était bien réel. Il a également mis en garde contre la vulnérabilité de tous face à ce type de violation.
« La condamnation reflète la sévérité de la conduite à laquelle l’accusé a plaidé et devrait envoyer un message à quiconque se livre à ce type de comportement : le FBI n’hésitera pas à demander justice. »
Stephen A. Cyrus, agent spécial en charge du FBI à Kansas City
L’enquête a été menée par le Bureau fédéral d’enquête (FBI) et le département de police de Topeka. La procureure adjointe des États-Unis, Sara L. Walton, a été chargée des poursuites.
Cette affaire s’inscrit dans le cadre du Projet Enfance Sûre, une initiative nationale lancée en mai 2006 par le ministère de la Justice pour lutter contre l’exploitation et les abus sexuels sur les enfants. Ce projet vise à mobiliser les ressources fédérales, étatiques et locales afin de mieux identifier, appréhender et poursuivre les auteurs de ces crimes, ainsi que de secourir les victimes.
