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Don’t Let’s Go to the Dogs Tonight review – heartfelt child’s-eye view of last days of Rhodesia | Film

L'actrice Embeth Davidtz signe un premier film en tant que réalisatrice aussi poignant que visuellement somptueux, explorant l'enfance dans une Rhodésie (actuel Zimbabwe) en pleine tourmente politique. Adapté des mémoires d'Alexandra Fuller, ce récit intimiste plonge le spectateur…

Don’t Let’s Go to the Dogs Tonight review – heartfelt child’s-eye view of last days of Rhodesia | Film

L’actrice Embeth Davidtz signe un premier film en tant que réalisatrice aussi poignant que visuellement somptueux, explorant l’enfance dans une Rhodésie (actuel Zimbabwe) en pleine tourmente politique. Adapté des mémoires d’Alexandra Fuller, ce récit intimiste plonge le spectateur au cœur d’une famille blanche confrontée à l’imminence de l’indépendance et à la montée du pouvoir de Robert Mugabe.

Au centre de l’histoire, Bobo, une fillette de sept ans interprétée avec une fraîcheur remarquable par Lexi Venter, grandit dans un univers rural en déliquescence. Son quotidien est marqué par l’inquiétude constante de ses parents : son père, Rob van Vuuren, absent pour de longues périodes en raison de patrouilles de sécurité avec d’autres fermiers blancs, et sa mère, Embeth Davidtz, luttant contre la dépression et l’alcoolisme. La mère, déterminée à rester sur la ferme malgré les avertissements de son entourage concernant ses anciens épisodes bipolaires, trouve un réconfort éphémère dans les retours de son mari.

La vie de Bobo est également rythmée par la présence de Van, son aînée, dont l’adolescence naissante attire l’attention inquiétante de l’oncle Anton (Albert Pretorius). Mais c’est surtout Sarah (Zikhona Bali), la nounou et domestique noire, qui occupe une place centrale dans le cœur de la petite fille. Leur relation, empreinte d’affection sincère, est cependant source de tensions, notamment avec le mari de Sarah, Jacob (Shilubana N Fumani), qui s’oppose à cette proximité et craint les représailles de la milice Zanu-PF.

Zikhona Bali livre une performance particulièrement touchante, à la hauteur de celles d’Embeth Davidtz et Lexi Venter. Le film, cependant, suscite une légère interrogation quant à la dernière apparition de Sarah, présentée comme une sorte de princesse hallucinée, une vision qui pourrait la reléguer à la catégorie controversée du « Nègre magique », un personnage noir dont le rôle est de faciliter le développement émotionnel d’un personnage blanc.

Malgré cette nuance, Don’t Let’s Go to the Dogs Tonight est un film puissant et riche en détails, porté par trois interprétations exceptionnelles. Il offre une plongée immersive dans une époque charnière de l’histoire du Zimbabwe, à travers le regard innocent et perspicace d’une enfant. Le film sera à l’affiche dans les cinémas britanniques et irlandais à partir du 3 octobre.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.