Publié le 24 septembre 2025. La découverte exceptionnelle d’un fossile d’ichtyosaure presque complet sur la côte jurassique du Royaume-Uni permet de mieux comprendre l’évolution de ces reptiles marins et les bouleversements qui ont marqué les océans préhistoriques.
- Un nouveau genre d’ichtyosaure, Xiphodracon goldencapensis, surnommé le « Dragon-Épée du Dorset », a été identifié.
- Ce fossile, le plus complet de son espèce connu à ce jour, comble une lacune dans l’histoire évolutive des ichtyosaures.
- L’analyse suggère que le renouvellement de la faune marine s’est produit plus tôt qu’on ne le pensait.
Une équipe internationale de paléontologues a annoncé la découverte d’un fossile exceptionnellement bien conservé, révélant une nouvelle espèce d’ichtyosaure qui a vécu il y a environ 193 à 184 millions d’années. Le squelette, surnommé le « Dragon-Épée du Dorset » en raison de la forme de son museau allongé, a été mis au jour près de Bonnet d’Or, dans le Dorset, au Royaume-Uni, dès 2001, mais son analyse détaillée n’a été publiée qu’en 2025.
Ce reptile marin, baptisé Xiphodracon goldencapensis, mesurait environ trois mètres de long et présente une anatomie unique. Le fossile se distingue par son crâne tridimensionnel, ses mâchoires, ses dents, ainsi que ses nageoires pectorales et pelviennes presque intactes. L’équipe de recherche, dirigée par le Dr Doyen Lomax de l’Université de Manchester et de l’Université de Bristol, en collaboration avec la professeure Judy Massaré de l’Université d’État de New York à Brockport et le Dr Erin Maxwell du Musée national d’histoire naturelle de Stuttgart, a conclu qu’il s’agissait d’une espèce unique, représentant un chaînon manquant dans l’évolution des ichtyosaures.
Selon le Dr Lomax, l’importance de cette découverte n’était pas immédiatement évidente. Il a déclaré, dans un communiqué de presse :
« J’ai reconnu le caractère unique du squelette dès 2016, mais je n’avais pas anticipé son importance pour la compréhension du processus de renouvellement de la faune pliensbachienne. »
Dr Doyen Lomax, Université de Manchester et Université de Bristol
Il a ajouté que cette période est cruciale pour les ichtyosaures, car plusieurs familles ont disparu et de nouvelles sont apparues. Le Xiphodracon permet de mieux comprendre ce bouleversement.
La professeure Massaré a souligné la rareté des ichtyosaures du Pliensbachien :
« Des milliers de squelettes complets ou presque complets sont connus des strates antérieures et ultérieures, mais les faunes sont très différentes et ne partagent pas d’espèces, bien que l’écologie générale soit similaire. Xiphodracon nous permet de déterminer le moment où le changement s’est produit, bien que la cause soit encore inconnue. »
Professeure Judy Massaré, Université d’État de New York à Brockport
Le fossile, catalogué sous le numéro ROM VP52596, est actuellement conservé dans la collection du Musée royal de l’Ontario à Toronto, où il sera accessible pour de futures recherches. L’analyse anatomique a révélé des caractéristiques uniques, notamment un museau allongé et fin, une grande orbite oculaire et des projections osseuses en forme de pointes sur l’os lacrymal, jamais observées auparavant chez d’autres ichtyosaures. Des traces de morsures, probablement infligées par un prédateur plus grand, ont également été identifiées sur le crâne, suggérant que l’animal est mort lors d’une attaque. Des restes de son dernier repas, comprenant des fragments d’os et d’écailles de poisson, ont également été retrouvés.
L’étude, publiée dans la revue Articles en paléontologie, place le Xiphodracon goldencapensis dans la famille des Leptonectidae, en relation avec Hauffioptéryx. Cette découverte contribue à une meilleure compréhension de la diversification des ichtyosaures à la fin du Pliensbachien et du renouvellement de la faune marine qui a marqué la transition vers le Toarcien.
La région du Dorset, célèbre pour les découvertes de Marie Anning, continue de révéler des trésors paléontologiques. Cette nouvelle découverte souligne l’importance de la Côte Jurassique comme site clé pour l’étude de la vie marine préhistorique.
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