Publié le 26 décembre 2025 à 11h41. La médecin vénézuélienne Marggie Orozco, condamnée à 30 ans de prison pour avoir critiqué le gouvernement de Nicolás Maduro dans un message vocal, a été libérée ce jeudi, rejoignant sa famille et trois autres femmes détenues. Cette libération intervient dans un contexte de pression croissante pour la libération des prisonniers politiques au Venezuela.
- La docteure Marggie Xiomara Orozco, 65 ans, a été libérée du Centre pénitentiaire de l’Ouest (CPO), également connu sous le nom de Cárcel de Santa Ana, dans l’État de Táchira.
- Trois autres femmes, Jenny Gómez, María Elena Becerra et Aleyna, ont également été libérées.
- L’ONG Justice, Rencontre et Pardon (JEP) réclame la libération de tous les prisonniers politiques au Venezuela, estimant que plus de 1 000 personnes sont toujours détenues de manière injustifiée.
Marggie Orozco avait été arrêtée le 5 août 2024 à San Juan de Colón, dans l’État de Táchira, au plus fort des tensions suivant l’élection présidentielle du 28 juillet de la même année. Sa condamnation à 30 ans de prison a été prononcée après la diffusion d’un message audio WhatsApp dans lequel elle exprimait son désespoir face à la situation économique et politique du Venezuela.
Dans cet audio, rapporté aux autorités par des membres des Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP), la docteure Orozco déclarait avec émotion :
« Je ne sais pas combien de temps nous allons devoir continuer à soutenir cette dictature de Maduro qui nous affame tous, les Vénézuéliens. Mon Dieu ! Il n’y a pas de nourriture, il n’y a pas de médicaments, chaque jour c’est plus difficile et on a l’impression que personne n’écoute ; s’il vous plaît, que quelqu’un fasse quelque chose. »
Marggie Orozco, médecin vénézuélienne
La libération de Marggie Orozco et des trois autres femmes a été annoncée par le Comité pour la Liberté des Combattants Sociaux sur la plateforme X (anciennement Twitter). Le message salue le retour des femmes auprès de leurs familles.
L’ONG Justice, Rencontre et Pardon (JEP) a salué ces libérations de Noël, mais a souligné qu’il s’agissait d’une mesure partielle. Selon Emanuel Figueroa, la condamnation de Marggie Orozco pour ce simple message vocal illustre le désespoir de la population et la répression du régime.
L’ONG a rappelé que plus de 1 000 personnes restent emprisonnées au Venezuela pour des motifs politiques, dénonçant un caractère « sélectif et discrétionnaire » dans ces libérations qui confirme l’utilisation de la détention comme instrument de persécution. Elle a également mis en garde contre les risques pour la santé et l’intégrité physique des prisonniers, en particulier les femmes, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies graves.
La JEP a réitéré son appel à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, conformément aux normes nationales et internationales en matière de droits de l’homme.
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