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Santé

Ebola cas confirmés en RDC dépasse 4 000 décès

Six nouveaux cas d'Ebola ont été confirmés dans l'est de la République démocratique du Congo par l'Alliance du fleuve Congo et le Mouvement du 23 mars, portant le bilan national…

Photo de famille à l’issue du lancement à Kinshasa du Plan de deuxième génération de préparation et de riposte à l’épidémie

Six nouveaux cas d’Ebola ont été confirmés dans l’est de la République démocratique du Congo par l’Alliance du fleuve Congo et le Mouvement du 23 mars, portant le bilan national de cette 17e épidémie à plus de 4 000 décès au milieu d’une mobilisation internationale dépassant les deux milliards de dollars.

L’épidémie d’Ebola en cours en République démocratique du Congo franchit un nouveau cap critique. L’Alliance du fleuve Congo et le Mouvement du 23 mars ont annoncé que six nouveaux cas avaient été recensés dans des zones de l’est du pays sous leur contrôle. Cette annonce intervient alors que le bilan global de la maladie dépasse désormais les 4 000 morts, s’établissant précisément à 4 018 décès sur 8 300 cas confirmés selon les chiffres du ministère de la Santé. Au 7 septembre 2026, la République démocratique du Congo comptait 6 757 cas confirmés, dont 3 267 décès, avec une létalité brute de 48,3 %. Un plan multisectoriel révisé de 180 jours a été lancé pour un coût estimé à 1,3 milliard de dollars américains afin d’intensifier la réponse.

La chaîne de transmission des nouveaux cas dans le Nord-Kivu

Les enquêtes épidémiologiques menées sur place indiquent que ces six cas proviennent d’une seule et même chaîne de transmission originaire de la ville de Butembo, située en territoire contrôlé par le gouvernement. Deux de ces contaminations ont été détectées dans la zone de santé de Kayna, tandis que les quatre autres ont été enregistrées dans la zone voisine d’Alimbongo. Les autorités rebelles précisent que quatre de ces personnes ont été identifiées grâce à des tests post-mortem réalisés sur des cas de décès survenus directement au sein de la communauté, alors que les deux autres patients reçoivent actuellement des soins appropriés dans les structures dédiées. Ces découvertes s’inscrivent dans une région où les mouvements de population et l’insécurité permanente compliquent considérablement le travail de repérage des personnes-contacts. Dans l’ensemble du pays, l’épidémie touche des dizaines de zones de santé à travers plusieurs provinces, tandis que la Croix-Rouge de la RDC, soutenue par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge, déploie des activités de sensibilisation, de veille et des enterrements dignes et sécurisés.

L’accélération du dépistage et les essais cliniques de vaccins

Pour contrer la propagation de la souche Bundibugyo du virus, les équipes médicales déploient de nouveaux outils sur le terrain. À Butembo, un laboratoire mobile installé dans un véhicule et mis en place avec l’appui de l’Ouganda permet de ramener le délai d’obtention des résultats de tests de 72 heures à moins de 24 heures, voire six heures dans les cas les plus rapides. Cette rapidité permet aux équipes de rapprocher les moyens de diagnostic des zones touchées et d’éviter les transports de prélèvements sources de retards. Parallèlement, un essai clinique évaluant des vaccins se poursuit pour cibler des milliers de volontaires sur une période allant jusqu’à douze mois, avec plus de 3 000 personnes déjà vaccinées dans la province de la Tshopo et plus de 700 dans le Bas-Uélé.

« Mais il pourrait offrir un certain niveau de protection croisée » contre la souche Bundibugyo, a expliqué la doctoresse Nana Mimbu, coordonnatrice pour la recherche chez l’ONG Médecins sans frontières, présente sur le terrain.

Ebola cas confirmés en RDC dépasse 4 000 décès
Photo : Yahoo Actualités

La mobilisation financière internationale et les défis de la riposte

Face à l’ampleur de la crise, les engagements financiers mondiaux ont franchi la barre des 2 milliards de dollars. Une réunion ministérielle organisée sous l’égide de la présidence américaine du G20 a permis de récolter de nouveaux fonds de la part de divers donateurs, incluant la Banque mondiale ainsi que des gouvernements étrangers. Les États-Unis ont notamment porté leur contribution directe à 887 millions de dollars, des ressources indispensables pour financer les centres de traitement, la sécurisation des inhumations et la recherche des contacts.

Malgré ces flux financiers importants, la riposte se heurte toujours à des obstacles profonds sur le terrain. La méfiance d’une partie de la population envers les autorités sanitaires, alimentée par des résistances communautaires et parfois des violences contre le personnel humanitaire, freine l’application des mesures de prévention. C’est dans ce contexte que les confessions religieuses et les associations de sages du troisième âge s’impliquent activement pour relayer des messages de sensibilisation au plus près des habitants.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.