Home AffairesEcopetrol prend le contrôle des puits de gaz que la multinationale Shell possédait dans les Caraïbes au large d’Urabá

Ecopetrol prend le contrôle des puits de gaz que la multinationale Shell possédait dans les Caraïbes au large d’Urabá

by Amélie Bernard

Publié le 28 décembre 2025 15h37. Ecopetrol reprend les droits d’exploration gazière en Colombie laissés par Shell, après le départ d’autres géants pétroliers, et doit désormais décider de la meilleure stratégie pour développer ces ressources.

  • Ecopetrol s’est vue attribuer l’intégralité des droits économiques, opérationnels et contractuels sur les blocs précédemment détenus par Shell EP Offshore Venture.
  • Ces blocs recèlent d’importantes découvertes de gaz au large des côtes colombiennes, notamment les champs de Kronos-1, Purple Angel et Glaucus-1.
  • Le principal défi réside dans la construction d’un gazoduc coûteux (estimé à 1,5 milliard de dollars) pour acheminer le gaz vers le réseau national.

Après Repsol, ExxonMobil, Chevron, Cepsa et ConocoPhillips, une nouvelle compagnie pétrolière, Shell, a décidé de quitter la Colombie. Ecopetrol, la compagnie pétrolière nationale, a annoncé qu’elle reprendrait les zones d’exploration et de production laissées vacantes par le groupe anglo-néerlandais. L’entreprise colombienne détiendra désormais 100 % des droits économiques, de la responsabilité opérationnelle et des obligations contractuelles sur ces blocs situés au large des Caraïbes.

Ces blocs regroupent certaines des découvertes de gaz les plus significatives de la dernière décennie en Colombie, notamment les champs de Kronos-1 (découvert en juillet 2015), Purple Angel (mars 2017), Gorgon-1, Gorgon-2 ST2 et Glaucus-1 (2023). Ils sont situés au large des départements de Cordoue et de Bolívar, dans des eaux profondes. L’annonce de ces découvertes avait suscité un vif intérêt, notamment auprès de l’ancien président Juan Manuel Santos et de l’ancien PDG de Shell, Ben van Beurden.

Si le potentiel gazier est important, le développement de ces gisements n’est pas sans défis. Le principal obstacle réside dans la nécessité de construire un gazoduc pour acheminer le gaz vers le continent et le connecter au système de transport national. Les experts estiment le coût de cette infrastructure à environ 1,5 milliard de dollars (soit plus de 4 500 milliards de pesos colombiens).

Le départ de Shell, qui ne peut plus signer de nouveaux contrats d’exploration, est perçu comme un coup porté à la sécurité énergétique et à la souveraineté énergétique de la Colombie. Ecopetrol se trouve désormais à un carrefour : conserver l’intégralité des actifs de Shell ou rechercher un partenaire disposant de l’expertise et des ressources financières nécessaires à leur développement.

Cette décision intervient dans un contexte de transition énergétique et de priorités gouvernementales changeantes. Alors que le président Gustavo Petro privilégie les sources d’énergie renouvelables, Ecopetrol défend l’importance du gaz naturel comme source d’énergie de transition, moins polluante que le charbon et le pétrole, et complémentaire au développement des énergies propres. L’entreprise souligne que le développement des blocs offshore dans les Caraïbes s’inscrit dans sa stratégie visant à garantir l’approvisionnement futur du pays en gaz naturel.

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