Publié le 29 septembre 2025 à 16h30. Lors de la foire du livre de Göteborg, des accusations de complicité dans le conflit israélo-palestinien ont été portées contre des journalistes suédois, ravivant des tensions et soulevant des questions sur la liberté de la presse et les limites de la critique.
- Des manifestants ont accusé des journalistes suédois d’être responsables des “massacres” en Palestine.
- Une banderole a été modifiée pour remplacer “Göteborg” par “génocide”, symbolisant une accusation de complicité.
- L’incident rappelle des tactiques similaires utilisées par des groupes d’extrême droite lors de précédentes éditions de la foire du livre.
Des accusations virulentes ont été proférées à l’encontre de journalistes suédois lors d’une manifestation organisée samedi dernier devant la foire du livre de Göteborg. L’événement, initialement destiné à rendre hommage aux journalistes tués à Gaza depuis octobre 2023 en lisant leurs noms, a pris une tournure plus sombre avec l’apparition de pancartes et de slogans accusant directement les médias suédois de complicité dans le conflit.
Des militants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Vous, les journalistes, assumez une lourde responsabilité pour le massacre qui se produit en Palestine ». Une banderole, reprenant le nom du journal Göteborgs-Posten, a été modifiée de manière choquante : le mot « Göteborg » a été barré et remplacé par « Génocide », écrit en rouge sang, agrémenté de deux mains également rouges. Ce geste visait clairement à accuser le journal d’être responsable de la violence.
Les accusations ne se sont pas limitées à des pancartes. Des journalistes et des dirigeants de médias nommés ont été directement interpellés et accusés de propager de la propagande. Parmi eux figuraient l’écrivain Hynek Pallas, contributeur à la section culturelle de l’Expressen, et Anne Lagercrantz, directrice générale de la télévision suédoise (SVT).
Cet incident rappelle des méthodes intimidatrices utilisées par le Mouvement de résistance nordique (RMN), un groupe d’extrême droite, lors de précédentes éditions de la foire du livre. À l’époque, des journalistes avaient été identifiés et accusés de trahison. Bien que l’on ne puisse établir de lien direct entre les deux groupes, la similitude des tactiques est troublante.
Athena Farrokhzad, de l’association Bread and Roses, qui avait organisé la manifestation initiale, a déclaré que les militants responsables de ces accusations n’appartenaient pas à son organisation. Cependant, elle a refusé de les condamner, se contentant d’affirmer, dans une interview à l’Expressen : « Il y a des gens en Suède qui sont responsables de la normalisation du génocide ».
Cette escalade verbale est vivement critiquée. Il est essentiel de distinguer la critique légitime des médias de la menace directe et de l’intimidation. La liberté de la presse et la sécurité des journalistes sont des piliers fondamentaux de la démocratie. Un climat de haine et de menaces ne sert les intérêts de personne.
Parallèlement à ces tensions, il est important de ne pas perdre de vue la situation tragique à Gaza, où de nombreux journalistes ont été tués ces derniers mois. Selon Reporters sans frontières, il existe de sérieuses raisons de croire que ces journalistes ont été délibérément ciblés en raison de leur profession. De plus, l’accès des journalistes internationaux à Gaza est actuellement restreint. Il est possible de dénoncer ces injustices sans pour autant attaquer les journalistes suédois.
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